12 juil. 2016

NON AU PROCÈS POLITIQUE ! Soutien aux jeunes de Saint-Étienne !

Non au procès politique ! Nous soutenons les jeunes poursuivis pour les actions contre la "Loi Travail" à Saint-Étienne !

Le 13 juillet 2016, Martin, 24 ans, Nina, 24 ans, Jules, 25 ans, et Yvan 29 ans, sont convoqués devant le Tribunal de Saint-Étienne pour y être jugés. Ils sont accusés de dégradations, de rébellion et de violences sur policiers suite à la manifestation du 12 mai au cours de laquelle un millier de personnes est allé interpeller les deux députés de Saint-Étienne sur la loi travail et le 49-3. Ces accusations graves - dont les conséquences peuvent être lourdes pour la vie de jeunes qui sont : étudiant en sociologie et surveillant, employée, assistant de vie scolaire, musicien -, sont mensongères. Il s'agit d'un procès politique pour frapper des opposants à la "loi travail", et faire déraper un mouvement social qui ne faiblit pas malgré toutes sortes de manœuvres. Car depuis plusieurs mois c'est une stratégie de la tension qui est mise en œuvre dans de nombreuses villes par le gouvernement Valls-Cazeneuve, pour faire peur, décrédibiliser le mouvement et le faire basculer dans la violence.

A Saint-Etienne, depuis début mars, les journées de mobilisation contre la loi travail se succèdent à l’initiative des organisations syndicales et de jeunesse. Elles sont marquées par la présence dynamique des jeunes, dont des milliers d'entre eux sont descendus dans la rue. Pas difficile de comprendre pourquoi. Déjà victimes d'une précarité de masse, ils seront au premier rang pour encaisser la suppression des droits, garanties et protections contenus dans le code du travail que cette loi démantèle, puisque la possibilité pour le patronat d'imposer des accords d'entreprises inférieurs à la loi et inférieurs aux conventions collectives des branches donnera le signal d’un dumping social généralisé.
"A ceux qui veulent précariser les jeunes, les jeunes répondent "résistance", et le cortège jeune l’a fait, en actes et avec des images fortes : le 31 mars en construisant avec des parpaings le "mur du dialogue social" devant le Préfecture, le 9 avril en dénonçant les banques alors qu'éclatait le scandale des Panama papers, le 28 avril en guillotinant le Code du Travail sur les marches de l'Hôtel de Ville, le 3 mai avec la parade des esclaves enchaînés du MEDEF, le 12 mai en interpellant les députés et en tendant une banderole sur la façade de la permanence de JL Gagnaire, supporter de la loi travail, du 49.3 et complice de l'évasion fiscale des profits des grandes entreprises. Ce sont ces actions pleines de sens que le pouvoir ne supporte pas. Elles ont été menées sans aucune violence physique. A Saint-Etienne, les commerçants ne ferment jamais leurs vitrines - pas besoin… Elles ont été faites sans violences vis-à-vis des policiers, alors même que depuis le 31 mars, des policiers sans brassards - certains cagoulés -, infiltrent le cortège des jeunes, les insultent, les menacent et les provoquent.
Le 12 mai, un millier de personnes a interpellé les deux députés de Saint-Etienne. Une banderole a été déployée depuis le balcon de la permanence de JL Gagnaire, absent au rendez-vous. Il reconnaît lui-même "ni vol ni vandalisme" dans sa permanence.
Mais le 13 mai le ministre de l'intérieur Cazeneuve de passage à St-Etienne a appelé à "punir les casseurs" et "professionnels de la haine". Arrêtés chez eux avec perquisitions de leurs logements et de celui de certains de leurs parents le jeudi 2 juin à 6 heures du matin, dans une opération qui a mobilisé une centaine de policiers, puis gardés à vue 36 heures, Martin, Nina, Jules et Yvan ont été traités comme des "terroristes". Le 13 juillet prochain, ils seront conduits au Tribunal accusés de dégradations, rébellions violences sur policiers. C'est un procès politique dont l'objectif est de faire taire et dérailler le mouvement social contre la loi travail, et de punir des jeunes qui s'occupent de la politique de leur pays.
Nous ne sommes pas dupes de la stratégie du gouvernement pour imposer une loi inspirée par le MEDEF. Nous exigeons que cessent ces opérations de provocation, nous exigeons le respect des libertés publiques. Nous affirmons notre solidarité avec les jeunes menacés et notre soutien à leur engagement citoyen, syndical et politique contre la loi Travail.
Nous exigeons leur relaxe ! Nous appelons à les soutenir et à être à leurs côtés le 13 juillet au Tribunal de Saint-Étienne. Deux actions à retenir :
  • Manifestation à 11h mercredi 13 juillet, départ devant la Bourse du travail de Saint-Étienne !
  • Rassemblement à 13h mercredi 13 juillet, devant le Tribunal de Grande instance de Saint-Étienne !
Premières organisations signataires :
Mouvement des Jeunes Communistes de la Loire (MJCF42), Comité CGT des Travailleurs Privés d'Emploi et Précaires de Saint-Étienne (CGT-CTPEP), Confédération Nationale du Travail de la Loire (CNT42), Solidaires Loire, Fédération Syndicale Unitaire Loire (FSU42), #OnPeutVivreMieux, Parti Communiste de la Loire (PCF42), Collectif pour la solidarité entre les peuples et contre les guerres impérialistes, Loi Travail : Non Merci 42, Union Départementale CGT 42, Comité Antifasciste Saint-Etienne, Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF - organisation nationale), Union des Étudiants Communistes (UEC - organisation nationale), Coordination des Groupes Anarchistes (CGA - organisation nationale), Union des Étudiants Communistes de la Loire (UEC42), Nouveau Parti Anticapitaliste de la Loire (NPA42), Union Nationale Lycéenne de Saint-Étienne (UNL42), Mouvement Républicain et Citoyen de la Loire (MRC42), Syndicat CGT des Travailleurs Précaires et Privés d'Emploi de Montpellier, Jeunes Communistes de Lyon, Union locale CGT d'Aulnay-Sous-Bois, Union locale CGT Saint-Etienne, Organisation de Solidarité Étudiante (OSE), Ensemble ! 42-Sud, Mouvement Jeunes Communistes du Loiret (MJCF45), Mouvement Jeunes Communistes du Loire-et-Cher (MJCF41), Association des Amis de l'Humanité Loire, Union locale CGT Roanne, Comité Départemental de la Loire pour la Relaxe des 8 de Goodyear pour les Droits et la Défense des Libertés Individuelles et Collectives (DDLIC42), Union locale CGT Rive-de-Gier, Section PCF de Saint-Étienne, Collectif Truc Machin, Coordination des Groupes Anarchistes Saint-Étienne (CGA), Coordination des Intermittents et Précaires de la Loire (CIP42), Comité Nationale CGT des Travailleurs Privés d'Emploi et Précaires (CNTPEP-CGT - organisation nationale), Réseaux Citoyens, Mouvement des Jeunes Communistes des Bouches-du-Rhône (MJCF13), Mouvement des Jeunes Communistes d'Ardèche (MJCF07), Section PCF de Firminy, Union locale CGT Feurs, Union Syndicale Régionale de l'Agroalimentaire et des Forêts Rhône-Alpes (USRAF-CGT Rhône-Alpes), Union locale CGT de Boën, Section PCF de Rive-de-Gier, Parti de Gauche Loire (PG42), Mouvement des jeunes Communistes de l’Hérault (MJCF34), Comité CGT des Travailleurs Privés d'Emploi et Précaires de Lyon 7e-8e, UL CGT Andrézieux-Bouthéon, USD CGT Santé-Action Sociale 42, UEC Nanterre, Section PCF Saint Quentin, UL CGT Chambery, UL CGT Ondaine, Syndicat CGT CH-Rouffach, USI-CGT Union Syndicale de l'Intérim CGT, CTPEP-CGT Lunel (34), Syndicat CGT Vinatier, Syndicat CGT Axletech, UL CGT Quartier Nord - Marseille, Solidaires Etudiant-e-s Nanterre, Syndicat CGT du Centre Hospitalier Lyon SUD, Le comité central de la Ligue de la Jeunesse Communiste du Canada, La Commune - Association Monnaie complémentaire du roannais, Mouvement des Jeunes Communistes de La Vienne (MJCF86), Syndicat CGT cheminots de Versailles, CSD CGT des Côtes-d'Armor (22), Syndicat CGT Nestlé Purina de Veauche, Section PCF Paris XVe, MJCF Paris XVe, UL CGT Gaillac [81], CTPEP-CGT Gaillac, Syndicat CH St-Cyr [69], Association France-Palestine Solidarité de Saint-Etienne (AFPS42),...
Signez la pétition !

 

9 juin 2016

d'la zik pour tenir le coup !


DEFAITE « post-humain » K7
C'est quand même trop les boules : ce truc là aurait mille fois mérité de sortir en vinyle !! Bon, en même temps le groupe a splitté, donc je comprends que c'est pas la peine de foutre du pognon par les fenêtres, mais quel dommage tout de même… Donc voilou, le dernier enregistrement des lyonnais après une bonne démo et un excellent 45t. On retrouve ici le même type de punk-rock que sur leurs précédentes sorties, un punk mélodique et sombre, partagé entre les groupes français des 80's et des inclinaisons hard-rock. En fait, quelque part, c'est un peu comme si Les Rats avaient décidés de reprendre des chansons de Thin Lizzy en les jouant à la façon des Wipers ! Ahaha ! Et c'est franchement super bien, tu reconnais leur patte de suite sans l'ombre d'un doute, charismatique et cohérent au possible. « L'invention de morel » est un putain de hit des familles ; d'ailleurs c'est la sonnerie de mon téléphone depuis trois mois, c'est dire si elle me plaît ! Je sais pas si j'arriverais à vous convaincre mais ne passez pas à côté, sérieusement ! Des trucs comme ça y'en a pas qui sortent tous les 15 jours…Défaite




PINKU SAIDO « demo » K7
On reprend des membres de Défaite (et Lexomyl, Cascarrabias, etc.) pour 6 titres qui sortent clairement du commun. Alors oui oui, c'est du punk-rock mais avec une chanteuse japonaise qui chante vraiment, et des ambiances parfois limite psyché ! Le chant est donc le premier truc qui attrape l'oreille : la demoiselle a une texture de voix et une façon de poser ses lignes sur la zik assez incomparable. A la première écoute, tu te dis « mais c'est quoi ? », puis ça devient rapidement addictif. Derrière, ça ramone, certes certes, mais ça part aussi sur des ambiances plus variées, moins frontalement punk, presque oniriques parfois. En fait, ya une paire de titres où je me suis dit : «  c'est presque My Bloody Valentine qui jouerait du punk énervé », ou alors le 13th Floor Elevators avec une chanteuse qui aurait été influencé par Black Flag ! Clairement, ça serait pas une démo d'un groupe français, je suis certain que tous les spécialistes des « trends » du moment leur lécheraient le boule, les yeux plein d'admiration ! Finalement c'est plutôt bien, les hipsters s'y intéresseront pas, donc on peut se garder ce groupe juste pour nous, héhéhé. Perso, j'écoute cette K7 en boucle. Pinku Saido



OFF MODELS « demo » K7
Hé, surprenante cette démo de ce groupe de Valence (dans la drôme, pas en espagne!). Dès la première écoute, j'ai directos pensé à tout un tas de groupes C-86 / anorak-pop / 53rd & 3rd records ! Mais si, t'sais, rappelle toi : Talulah Gosh, Shop Assistants, Vaselines, Bmx Bandits, tout ce genre de groupes anglais du milieu des années 80 qui pratiquaient une pop acide, bricolée et fragile, punk et foutraque, agréablement D.I.Y. et pleine de candeur. C'est frais au possible, avec au moins deux titres sur les cinq présents qui peuvent prétendre au titre de « tubes de l'underground ». C'est vraiment chouette, super bien mis en place et avec une qualité d'écriture certaine : ça sonne pas vraiment comme une démo ! Off Models





OSTAVKA « s/t » 45t
Premier truc qui attrape l'oeil : la découpe / présentation de la pochette est super bien foutue ! Classe ! Le long titre de face A tape en plein dans le revival cold-wave actuel, une chanson plutôt lente et déprimée / déprimante, avec de petits plans de guitare et basse qui renvoient à Cure époque « Faith » et « Pornography ». Le chant féminin est un peu trop « raide » pour mes goûts et j'ai quand même tendance à préférer écouter des trucs plus enjoués (style Marcel & son orchestre, tout ça! ahaha) mais c'est plutôt bien foutu. Les deux titres de la face B me parlent plus : ces bretons y développent un post-punk plus énervé, plus direct, qui peut évoquer certains trucs anarchopunk anglais du début des années 80. Bien sympa, ça manque encore un peu de swing mais je pense que les amateurs de post-punk / cold-wave devraient adhérer sans soucis ! Ostavka



PISSINBOY « gentleman of leisure » CD
Un groupe londonien (mais je doute que le chanteur soit Anglais vu son accent à couper au couteau!) qui pratique une sorte de pop-garage farfelue. C'est leur 2eme album et ça le fait pas mal, avec une production « bricolée » bien sympatoche et quelques mélodies accrocheuses. Pour situer un peu, ça me rappelle presque le disque que Wreckless Eric avait fait pour Hangman Records au début des années 90… Le côté iconoclaste volontariste peut parfois lasser et je ne suis pas ultra-fan du chant, mais ça s'écoute tout seul, en agréable intermède au milieu de tous les trucs punk que je m'envoie habituellement ahaha ! (Larsen)


compile PUNK 45 : « Chaos in the city of angels & devils » 2LP
Arf, Soul Jazz continue de sortir ces super compiles de punk-rock (c'est moins le 6 ou 7eme volume, non ?) et je l'avoue, j'ai pas vraiment acheté celle-ci pour les chansons (je les ai presque toutes déjà) mais pour l'incroyable boulot réalisé autour des skeuds : pochette gatefold blindée de textes et de photos, 4 inserts blindées pareillement + un livret A4 avec des interviews de mecs de The Urinals, What records, Dangerhouse records, Posh Boy, etc.. ! Top du top de chez top, à tomber à la renverse ! Sur les deux disques, vous avez le meilleur du punk de Los Angeles de 77 à 81 (et donc d'une des meilleures scènes de tous les temps dans le domaine) : Dils, Weirdos, X, Zeros, Eyes, Adolescents, Middle Class, Urinals, TSOL, Circle Jerks, etc etc. paye tes classiques!! D'ailleurs, le mastering est vraiment bonnard, comme d'hab' chez Soul Jazz : « Bloodstains » d'Agent Orange n'a jamais aussi bien sonné ! Ok, si on veut pinailler il manque pour moi Dickies, Black Flag, Cheifs, The Crowd, Gears et Angry samoans, mais bon… j'espère qu'un deuxième volume est en préparation et qu'ils les fouteront dessus ! En tout état de cause, c'est la carte de visite parfaite pour découvrir cette scène, et sinon ça fait une super mix-tape ahaha ! Ah ouais, et on trouve cette compile à 20 balles : rapport qualité-prix, c'est limite imbattable ! (Soul Jazz)




6 juin 2016

Opération « Nous ne voterons plus PS ! »

En ligne de mire : le 7 juin. Partout en France, devant les fédérations du PS, nous pouvons adresser un message clair : « Nous ne voterons plus PS ».
1. L’information
La dictature des marchés ? La libre circulation des marchandises, à travers l’Europe et le monde ? Les centaines de milliards qui s’évadent, chaque jour, de Paris à Panama ? Tout ça n’est pas tombé du ciel, tout seul, comme la pluie ou comme une fatalité.
Des gouvernements l’ont construit, et bien souvent des gouvernements « socialistes »…
Lire notre article sur les 30 ans d’amour entre le PS et le Médef, l’ouverture d’une vraie « parenthèse libérale » qui n’a jamais été refermée : http://fakirpresse.info/medef-et-ps-30-ans-d-amour
2. L’action !
Le 7 juin 1936 étaient signés les accords de Matignon : avec le Parti socialiste de Léon Blum et le Front populaire, les travailleurs obtenaient les conventions collectives, les 40 heures et les congés payés. Quatre-vingts ans plus tard, en 2016, le Parti socialiste de François Hollande casse le Code du travail et épouse le Medef.
Nous proposerons une action devant toutes les fédérations du Parti socialiste de France, visant tous les députés de la majorité.
Vous voulez donner un coup de main, pour la com’, la logistique, etc. ? Contactez-nous :
  • Amiens : vincent@fakirpresse.info
  • Paris : thibault@fakirpresse.info
  • Lyon : lyon@fakirpresse.info
  • Toulouse : toulouse@fakirpresse.info
  • Grenoble : grenoble@fakirpresse.info
  • Clermont Ferrand : clermontfd@fakirpresse.info
  • Nice : nice@fakirpresse.info
  • Marseille : mathieu@fakirpresse.info
  • Issoudun : groupeissoudunfakir@orange.fr
  • Strasbourg : strasbourg@fakirpresse.info
Vous voulez organisez une action chez vous : johanna@fakirpresse.info
3. La campagne : « Qu’a voté votre député ? »
Le 7 juin à Amiens, donc, avec tous les camarades de la CGT, de Sud, et de tous ceux qui voudront, nous allons distribuer dans presque tous les foyers, à 70 000 exemplaires ou plus, un tract simple : « Qu’a voté votre député ? » Dans un tableau, nos concitoyens pourront retrouver les votes de leur « représentant » : comment s’est-il comporté ? Comme un « frondeur » ? Ou comme un « godillot » ? Pour qu’ils s’en souviennent..
Notre petit groupe n’a pas la force, évidemment, de mener cette opération à l’échelon national.
Mais quand même, on va vous mâcher le travail. Vous trouverez des tracts déjà prêts, avec les votes des députés de l’Ain, de l’Aisne, de l’Allier, etc., 92 tracts, 92 tableaux, un gros boulot.
À vous, maintenant, fakiriens du pays, nuitdeboutistes, cégétistes, solidaristes, de les imprimer par milliers, de les diffuser avec volonté.
4. Les Nouveaux Accords de Matignon
Devant les fédérations du Parti socialiste, on viendra également rappeler les oublis de François Hollande et proposer, ainsi, nos Nouveaux accords de Matignon.
Avec ses promesses passées.
Le programme du Conseil national de la Résistance.
Et des points, plus actuels, sur le temps de travail, les congés payés, les élus révocables, etc.
A télécharger ici :
PDF - 37.2 ko
Les Nouveaux accords de Matignon
 http://www.fakirpresse.info/
voter-ps-au-second-tour-en-bon-republicain-c-est-fini

28 mai 2016

Vive la commune !

Samedi, la montée au mur des Fédérés se fera sur fond de luttes sociales, dignes de l’histoire du mouvement ouvrier français, comme nous le rappelle l’auteur, natif de Belleville et Ami de la Commune. Rendez-vous à 14 h 30 à l’entrée du Père-Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e, métro Gambetta.

Cent quarante-cinq ans après la Commune, le discours officiel dominant est de caricaturer l’action revendicative populaire ?
334698 Image 0Gérard Mordillat Déjà, Saint-Just le pointait : « Il n’est pas de pire ennemi du peuple que son gouvernement. » Le pire ennemi du peuple insurgé pendant la Commune de 1871, ce n’était ni Bismarck ni von Moltke, mais le gouvernement de Thiers et des généraux félons, battus sur tous les champs de bataille – Mac Mahon en tête – se faisant une gloire de massacrer 20 000 hommes, femmes, enfants, vieillards désarmés qui, à Paris, n’avaient pas renoncé à lutter contre les Prussiens. Aujourd’hui, le pire ennemi du peuple, c’est le gouvernement de François Hollande et ses socialistes félons : Macron, Sapin, Cazeneuve, El Khomri, ces nouveaux Versaillais battus à toutes les élections et sous les ordres de Manuel Valls – nouveau Galliffet –, prêts à massacrer tous ceux qui n’obéissent pas aux diktats du Medef au nom duquel ils gouvernent la France. La Commune mise à genoux n’est pas morte et ne mourra jamais pour ceux qui gardent au cœur une plaie ouverte. De même qu’il n’y a qu’un livre qui s’écrit depuis la nuit des temps, il n’y a qu’une seule insurrection qui anime les hommes et les femmes épris de liberté, de justice et d’égalité. Les pathétiques tentatives de disqualifier tout mouvement populaire ne sont que des gesticulations politiciennes. M. Hollande s’interroge (comme Thiers) de la place qu’il laissera dans l’histoire. Gageons que ce sera celle d’une trace douteuse sur un slip sale.

Concernant 1871, la question est toujours celle de la réhabilitation. Pourquoi la République hésite-t-elle toujours autant à célébrer la Commune ?
Gérard Mordillat Célébrer la Commune et les communards reviendrait à reconnaître qu’en 1871 le peuple avait raison contre les politiques, l’armée, l’église, les nantis, les bourgeois, les Zola, les Flaubert, les Goncourt, les George Sand et tous ceux qui leur ressemblaient, seulement capables d’exprimer la haine des classes populaires et la peur de voir leurs privilèges disparaître. Pour les bourgeois d’aujourd’hui, l’oligarchie politico-financière au pouvoir, les médias aux ordres et les philosophes de salon, ce serait reconnaître que l’intelligence populaire dépasse et de beaucoup leur médiocrité, leurs bassesses, leurs malveillances conduites par la seule raisonfinancière. Ce serait rendre à la démo-cratie son sens premier et ce serait insupportable.

Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 ont pris une initiative forte à l’approche du 150e anniversaire ?
Gérard Mordillat Les Amis de la Commune ont obtenu que, désormais, il y ait une station de métro qui porte le nom « Belleville, Commune de Paris 1871 », célébrant la mémoire de cette insurrection populaire, l’inscrivant dans la ville elle-même. Ce fut un long combat, alors qu’il demeure dans Paris deux voies dédiées aux assassins de la Commune. Et n’oublions pas qu’il n’y a toujours pas à Paris d’artères Robespierre, ni Saint-Just, ni Marat, mais un square Louis XVI. Les ennemis de la Commune et de la Révolution sont les mêmes qu’hier. Vive la Sociale !

3 avr. 2016

deux exxxcellentes démos !


Et une compile en soutien à un collectif de soutien à de jeunes migrants est écoutable ici:
https://compilation-de-soutien-au-collectif-des-olieux.bandcamp.com/releases

1 avr. 2016

la lutte oui, mais des chroniques aussi !

ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE n°32
Purée, le gars Thierry de R.E.S.T. est vraiment un Stakhanov des temps modernes ! Et bim, un nouveau numéro en tandem avec KRASPEK, qui part absolument dans tous les sens : des interviews de Shoot The Dogs, La Bande à Kaader, Poch, Band Of Bitches plus plein de trucs bretons : Syndrome 81, Brest City Rockers, Armor Pizza, etc. C'est bordélique au possible, enthousiaste, iconoclaste, bref un incontournable et puis c'est marre ! R.E.S.T.

MAUVAISE n°3
Et bien, ça faisait un bail que ce zine n'était pas sorti ! Joli format carré et couverture sérigraphiée pour un sommaire surtout squatté par de longues et fouillées interviews avec Zone Infinie, Traitre et 8°6 Crew / SurvetSkins. Très franchement, si tous les skins-zines pouvaient être de cette teneur, je réécouterais presque de la oi !, ahaha. Carrément excellent. (mauvaise@laposte.net)


PLUS QUE DES MOTS n°12 « Nous les racines »
Une fois de plus, le zine toulousain nous arrive format livre sous une très classe couv' sérigraphiée, c'est chouette ! Un bon sommaire éclectique où vous y trouverez forcément kek'chose qui éveillera votre intérêt : un dézingage en bonne et due forme du « taqwacore » (la supercherie « punk + islam »), des nouvelles, une présentation d'un collectif anarcho-punk Italien, un portfolio de clichés de la scène N.Y.H.C. historique, un témoignage d'une survivante d'Hiroshima… pfff ! Quel taf ! Réussi de bout en bout, soyez curieux, commandez le ! http://plusquedesmots.free.fr/

LA FAUTE A QUI ? n°15
Contre vents et marrées, le zine Rémois continue son petit bonhomme de chemin. Ce n° est plutôt axé « retro » vu que ça discute longuement avec de vieux et légendaires groupes oi ! et punk des 80's, R.A.S. et Sherwood Pogo, mais on y trouve aussi une blinde de trucs actuels chroniqués avec conviction. Toujours une lecture aussi sympa ! (lafauteaqui@wanadoo.fr)

 
BOBBY PINS n°4
Super ! Cora nous offre une nouveau n° de son mignon petit zine ! Avec des intervious bien foutues de Gasmask Terror, Big Eyes et Olivier Crapoulet, plus une flopée de chroniques et les textes un peu « emo » et si caractéristiques de la demoiselle ! C'est toujours excellent de lire sa prose, tant elle ne ressemble à rien de ce que je peux lire ailleurs. Un de mes petits plaisirs dans le fanzinat français donc je ne vois rien d'autre à faire que de vous le conseiller vivement. Ou alors, on se garde le truc entre initiés, et ça me va aussi ! http://bobby-pins.tumblr.com/


TRASH TIMES n°15 et n°16
Ooooh bordel, le retour de Trash Times après dix ans d'hibernation ! Déjà, c'est le zine avec le meilleur sous-titre d'entre tous : « Le fanzine des profanateurs de sous-culture » !! La présentation (toute en couleur) est à tomber à la renverse et niveau contenu, uniquement du lourd : dans le n°15, des trucs super complets et passionnants sur Mike Vraney de Something Weird Videos, TSOL, Frank Henenlotter, Adolescents, plus un récap' sympa sur les rééditions actuelles de comics d'horreur ricains des 60's / 70's. Du punk, du cinéma bis, du rock'n'roll, du retro-comics : le bonheur, quoi ! Et rebelotte avec le n°16 qui cause de Bobby Steele des Misfits, de Vampirella dans les comics et au cinéma, des films de Paul Bartel, etc etc. Quand on conjugue à ce point plaisir des yeux et rigueur rédactionnelle, je ne peux que m'incliner (bien bas) devant le boulot effectué. En fait, j'ai l'impression que ce zine a été fait juste pour moi, t'as vu ? ! Complètement indispensable ! TRASH TIMES

CHESTNUT ROAD / CLEAM GARDEN split 7'
Woah encore un 45t pour le groupe Toulousaing et encore sur des labels étrangers, Japonais et Anglais ! Je me pose du coup des questions : 1) les labels français ont pas d'oreilles ? 2) les anglais n'ont plus de bons groupes ? 3) je dis franchement de la merde ? Baste ! On retrouve nos Chestnut Road ici dans une veine de plus en plus mélo à la Lemonheads, en plus des habituelles influences « punk anglais mélodique début 90's » à la Broccoli. Ça déroule comme il faut, avec des guitares ouvragées qui font mouche et des intentions mélodiques au dessus de la moyenne ! Sinon, c'est moi où le chant est un chouilla faux sur le premier titre ?? c'était pour faire raccord avec Cleam Garden, vu qu'ils sont Japonais et que les Japonais sont les spécialistes du « chant faux sur punk mélodique excellent » ?? Ahahah, je déconne, deux très bons titres avec mention pour le titre lent, ce qui est toujours un peu casse-gueule dans le genre. Cleam Garden, je ne connaissais pas du tout et c'est trsè bon ! J'ai directos pensé à Former Cell Mates, ce qui est un gros compliment de ma part ! Comme le groupe à l'ancien bassiste de Leatherface, c'est donc du punk mélodique et rugueux, généreux et âpre à la fois. Avec un chant remarquable, pour le coup, charismatique au possible. Encore un groupe dont il va falloir que je trouve les skeuds, arghhhh. Chestnut Road

LOST CHEREES « all part of growing up » LP
Ah chic, une réédition de l'unique LP d'un des rares groupes anarcho-punk anglais des 80's à avoir développé un son pile à l'opposé des modèles CRASSiens. Une sorte de télescopage de pop, de cold-wave et de punk mélodique Buzzcockien avec un duo de chant féminin souvent mis en avant. Pour moi, ça se partage entre des morceaux que je trouve un peu faiblards et où le chant m'agace presque, et d'autres chansons absolument terribles qui arrivent à conjuguer des ambiances singulières et une qualité mélodique indéniable. En tous les cas, ça fait pas de l'album petit-bras, où le groupe te balance le même format sur 12 chansons, et ça, qu'est-ce que c'est cool ! Je pense qu'il me faudra encore pas mal d'écoutes pour me faire un avis définitif, d'ailleurs.Un bon témoignage d'une époque où « punk » ne rimait pas encore avec « conformisme » ! (Beat Generation)


ALEX CHILTON « ocean club 77 » 2LP
Cool ! Un concert de Chilton en pleine explosion punk où, accompagné du futur DB's Chris Stamey et d'un batteur, il envoie une plâtrée de chansons de Big Star, avec quelques titres « solo » en plus (« My rival », « She might look my way »…). On note aussi quelques reprises de goût : l'habituelle « Can't seem to make you mine » des Seeds, une version super réussie du « Wouldn't it be nice » des Beach Boys (annoncé comme une reprise de Charles Manson ahaha) et même un retour sur son « The letter » de l'époque Box Tops ! Pour le fan, c'est du pain béni, pour les autres je sais pas. En même temps, Chilton enterrait tout le monde sur au moins deux choses : son chant et son jeu de guitare ! Donc ça devrait suffire, non ? Par contre, si vous aimez vos Live aussi propres que des albums studio, oubliez direct celui-ci. Là, c'est plutôt de la bande brut, du genre dont les rêves des bootleggers sont peuplés, donc c'est évidemment pas l'idéal pour découvrir l'homme et son œuvre. Ceux déjà sous le charme peuvent y aller sans problème ! (Norton records)


ALEX CHILTON / ALAN VEGA / BEN VAUGHN « cubist blues » CD
Alors celui-là, je sais pas pourquoi je l'avais loupé à sa sortie ya 20 ans, mais qu'est-ce que je regrette ! Un putain de chef d'oeuvre ! Improbable, certes, mais un disque incroyable tout de même. Les trois gars / légendes se retrouvent en studio et improvisent pendant une paire de jours ; résultat : un tour de force de rock'n'roll minimaliste et hypnotique, complètement déjanté et en permanence à la limite de la rupture (et du grand n'importe quoi). Une ambiance de fou, des fulgurances incroyables. Vu leur pedigree je pourrais dire sans prendre de risque que c'est un peu le croisement du premier Suicide et des Panther Burns, tiens. Ce disque, en fait, c'est tout ce que tu veux, sauf du rock bien digéré, carré et sans surprises, bref c'est exactement l'inverse de tout ce qui sort actuellement. Un truc de tarés ! La version vinyle était vraiment trop reuch, du coup je me suis rabattu sur le « petit disque plus du tout à la mode » qui a au moins le mérite de proposer un super livret, ouf ! (Lights in the attic)

SHOOT THE DOGS "we are a gang" LP
J'ai mis un peu de temps à le récupérer (carrément, même !) mais voici le 2eme album des stéphanois, et y on retrouve leur street-punk / oi ! mélodique à la Cocksparrer et Peter & The Test Tube Babies (ou Business, aussi!). Ça fonctionne toujours aussi bien, avec quelques refrains bien tubesques et ce fond de déconne rock'n'roll qui relève le tout. Je noterai un aspect plus uniforme et limite HC par rapport au précédent LP, mais ça le fait, pas de soucis. Et ils ont fait un morceau sur Brandade ! Euuhh : Brandao ! Woooahhh ! et ya le CD en plus dans la pochette du vinyle, au fait ! Shoot The Dogs

TROUBLES "demo" CD-R
Et zou, une petite démo 5 titres de ce groupe Lillois.Ils oeuvrent dans un style plus trop en odeur de sainteté ces dernières années, le punky-reaggae, reggae-punk ou « punk à fortes influences jamaïcaines » ! C'est marrant, ça me fait quand même bien penser aux Partisans de Lyon, la période juste avant leur 2eme album, avant que ça ne vire Soul sur les bords. Ou alors, aux descendants de ces derniers : Crève Cœur ! En tous les cas, au morceau punky-reggae qu'il y avait sur leur 25cm. Dans l'ensemble c'est très agréable, avec un son plus que correct et un soucis évident amené aux détails, même si ça reste parfois un peu timide. Par contre, le chant manque de souplesse, tu sens le gars un peu coincé par son texte, mais j'imagine qu'une bonne série de concerts remédiera à ce problème. A suivre. Troubles

24 mars 2016

Barré magazine : ça passe ou ça casse !

SOUTENEZ BARRÉ ! Pour la deuxième année de Barré, on lance une nouvelle campagne de financement participatif. On propose une formule l'AN II, un abonnement annuel de 30 euros pour 3 numéros (les 100 premiers recevront un poser sérigraphié Barré en cadeau...) ! Pour continuer l'aventure, nous avons pour objectif de dépasser les 500 abonnés. Ça passe ou ça casse, alors on compte sur vous pour diffuser le plus largement possible : https://www.helloasso.com/associations/barre-editions/collectes/barre-magazine-marche-ou-creve
S'ABONNER C'EST SOUTENIR !


3 mars 2016

soirée Barré, 12 mars !


A l’occasion de la sortie du numéro double (#3/4) du magazine Barré. http://barremag.info
Projection du film documentaire Sur les toits de Nicolas Drolc (1h30, 2013).
Junior (poppunk acoustique / projet de Nico de Zero Gain, Le club des gens spéciaux…)
Sathönay (musique psyché, orientale, kraut / projet de Nico de Ned, The Rubiks…)
DJ Raymonde Howard Vs DJ Silence
+ performances théâtrales : Collectif X
AUSSI :
– Expos : illustrations et photos Barré
– Librairie Barré
5 euros / A partir de 19h00

23 févr. 2016

et maintenant, c'est clair ?

tiré du Monde Diplomatique:

Le patronat et Nicolas Sarkozy en rêvaient, MM. François Hollande et Manuel Valls l’ont fait : si, par hypothèse funeste, le projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » (sic) devait voir le jour, le code du travail ressortirait en miettes. (Le texte complet peut être téléchargé par exemple sur le site de l’Ugict-CGT). « L’objectif, précise la ministre du travail Myriam El Khomri dans un entretien aux Echos (18 février 2016), est de s’adapter aux besoins des entreprises ». On s’en doutait un peu — encore qu’il s’agisse d’une étrange vision des entreprises, réduites à leurs seules sphères dirigeantes.
Bien sûr, il ne s’agit que d’un projet et tout peut encore bouger. Le pouvoir excelle dans les manœuvres consistant à laisser fuiter les dispositions les plus folles pour ensuite accréditer l’idée que le pire a été évité. Ainsi il a laissé courir le bruit que les heures supplémentaires ne seraient plus rémunérées pour finalement décider un plancher obligatoire de 10 %. Tout le monde crie victoire alors que jusqu’à présent la norme était de 25 %, sauf quelques exceptions !
Roi de l’entourloupe, le président de la République assure ne pas toucher aux fondamentaux : contrat de travail à durée indéterminée qui reste la règle et la semaine de 35 heures qui demeure la norme légale. Mais il transforme ces deux principes en coquilles vides. Si les mots restent, la protection des salariés disparaît et avec elle l’égalité de traitement des citoyens devant la loi.
Jusqu’à présent, le principe fondamental du droit du travail donnait la priorité aux lois édictées par les élus de la République à moins qu’un accord à un niveau inférieur (branche, entreprise) se révèle plus favorable au salarié. Désormais, un accord dans une entreprise prévaut sur la loi, même s’il est défavorable à ce dernier. Singulière conception de l’« égalité réelle » ! Cette disposition fondamentale permettra au prochain président de la République d’amputer ce qui restera (encore) des droits des travailleurs.
Quant au fameux contrat de travail à durée indéterminée (CDI) maintenu dans la loi, il pourra être rompu à tout moment en cas « de réorganisation de l’entreprise » ou de « conquête de marché ». Au delà de ces situations somme toute très fréquentes, la direction n’aura même plus à se justifier : il lui suffira de payer trois mois de salaire pour les employés embauchés depuis moins de deux ans, six pour les moins de cinq ans, etc. La notion même de licenciement abusif disparaît de fait. Le patron qui paye peut se séparer de son salarié sans risque de pénalité supplémentaire.
Même tour de passe-passe pour les 35 heures. Entre les dérogations, un décompte du temps de travail et le paiement au rabais des heures supplémentaires, la réforme Aubry va passer aux oubliettes…
Après une lecture rapide des 131 pages de ce nouveau code du travail, on peut retenir les dispositions concernant la durée du travail, la réforme des prud’hommes (le prochain numéro du Monde diplomatique, en kiosques le 2 mars, y consacrera un article), l’élargissement du droit de licencier et de réduire autoritairement les salaires, le moindre paiement des heures supplémentaires, etc.

Le patron décide de la durée du travail

Ce nouveau code reprend les principes édictés par M. Robert Badinter, qui a fait sienne la formule la plus libérale que l’on puisse imaginer, dès l’article 1 : « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées (…) par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise. » Lesquelles sont définies par les actionnaires et les directions d’entreprise. Tout en découle.
La journée de travail de 10 heures, qui était jusqu’à présent l’exception, pourra se généraliser en « période d’activité accrue » ou « pour des motifs liés à l’organisation de l’entreprise ». Elle pourra même s’élever à 12 heures. Jusqu’alors, les dérogations exigeaient une autorisation administrative. Désormais, il suffira d’un accord d’entreprise — dont le recours sera facilité (lire plus loin).
Même principe pour la durée hebdomadaire, laquelle pourra grimper jusqu’à 46 heures en moyenne pendant 16 semaines par an (au lieu de 12 aujourd’hui) et même atteindre 48 heures « en cas de surcroît d’activité », sans autre précision. Un simple accord d’entreprise suffira. Le gouvernement ne renonce pas au plafond des 60 heures réclamé par les entreprises mais il l’encadre quand même d’une autorisation de l’inspection du travail.
Instauré lors de la loi Aubry sur la réduction du temps de travail (RTT), le forfait-jours, qui permet de s’émanciper de la durée légale quotidienne, était réservé aux grandes entreprises et principalement aux cadres (50 % d’entre eux). Le système sera étendu aux entreprises de moins de 50 salariés (sans distinction de fonction). Les charges de travail au quotidien pourront franchir toutes les barrières car, dans la pratique, elles ne seront plus contrôlables.
D’autant que les 11 heures de repos quotidiennes consécutives obligatoire sautent. Elles pourront être « fractionnées » !
De plus, « le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu d’exécution du contrat de travail n’est pas un temps de travail effectif », sauf s’il dépasse le « temps normal ». On appréciera la précision de la formule.

Sécuriser les licenciements

Grâce à M. Nicolas Sarkozy, il y avait déjà la « rupture conventionnelle » (2 millions depuis sa création en juin 2008), faux nez qui cache souvent un moyen de pression patronale pour se séparer d’un salarié. Grâce à quelques syndicats, comme la CFDT et la CGC, qui avaient signé l’accord national interprofessionnel (ANI), et à M. Hollande, qui a concocté la loi dite de « sécurisation de l’emploi », le patronat pouvait réduire les salaires, augmenter le temps de travail et bien sûr licencier « en cas de difficultés économiques », dont l’interprétation était laissée aux juges. Le texte désormais les définit : une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires « pendant plusieurs trimestres consécutifs » (cela peut donc être deux trimestres), des « pertes d’exploitation pendant plusieurs mois ou une importante dégradation de la trésorerie ». Et ce, « au niveau de l’entreprise » (et non du groupe). Il suffit pour les grosses sociétés de présenter les comptes de leur filiale en déficit (un jeu d’enfant) pour que tout soit possible. Exit le droit au reclassement des salariés licenciés.
En fait le patronat a obtenu ce qu’il réclamait depuis la nuit des temps : le droit de licencier sans entrave.
A ces causes dites défensives de licenciements, s’ajoute la possibilité de jeter les salariés dehors en cas « de mutations technologiques » ou de simple « réorganisation de l’entreprise ». Le travailleur qui refuse une mutation à l’autre bout de la France ou une baisse de salaire, ou encore une augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire, sera tout simplement licencié (auparavant, il avait droit au statut de licencié économique) ; il garde ses droits au chômage mais perd celui du reclassement.
En fait le patronat a obtenu ce qu’il réclamait depuis la nuit des temps : le droit de licencier sans entrave.

Ligoter les prud’hommes

Le patron pourra même licencier « sans cause réelle et sérieuse », il lui suffira de payer une indemnité forfaitaire fixée à l’avance, quel que soit le dommage subi par le travailleur. Celle-ci est d’emblée fixée à 3 mois de salaire pour 2 ans d’ancienneté, 6 mois entre 2 et 4 ans, 9 mois entre 5 et 9 ans, 12 mois de 10 à 20 ans, 15 mois pour les plus de 20 ans. Ainsi, un salarié jugé plus assez productif ou trop ouvertement revendicatif peut être jeté sur le carreau à n’importe quel moment.

Travailler plus pour gagner moins

Les heures supplémentaires pourront être majorées de 10 % — et non plus 25 % de plus pour les huit premières heures, 50 % au-delà. Il suffit d’un accord d’entreprise. Pour un salarié payé au Smic, l’employeur devra débourser moins de 1 euro par heure supplémentaire (0,96 euro contre 2,4 euros en vertu de la loi précédente). Une broutille qui le poussera à y recourir au lieu d’embaucher. Quant aux salariés, ils verront leur pouvoir d’achat baisser.

L’entreprise au-dessus de la loi

C’est sans doute le changement le plus important. Malgré les déclarations tonitruantes à la gloire de la République et de ses principes, la loi passe au second plan même quand elle protège mieux les salariés. C’est l’accord d’entreprise qui prime. La loi Macron (lire « Le choix du toujours moins », Le Monde diplomatique, avril 2015) avait déjà introduit cette disposition, mais elle restait exceptionnelle. Elle deviendra la règle.
Certes, cet accord devra être majoritaire, c’est-à-dire signé par des syndicats représentant plus de la moitié des salariés lors des élections professionnelles. Mais si ce n’est pas le cas, les syndicats minoritaires (au moins 30 % des voix) pourront recourir au referendum auprès des salariés. Et le pouvoir de vanter cette démocratie directe en jouant le petit peuple des travailleurs contre les élus syndicaux, forcément bornés.
Bien entendu, la consultation des travailleurs n’est pas en soi condamnable. Mais la question posée n’est pas définie collectivement, loin s’en faut. Si des syndicats minoritaires peuvent impulser la consultation, son contenu demeure entre les mains du patronat et prend souvent l’allure d’un chantage où les salariés ont le choix entre Charybde et Scylla : soit accepter de travailler plus et/ou gagner moins, soit perdre leur emploi… Chez Bosch, à Vénissieux, les salariés avaient accepté en 2004 de travailler 36 heures payées 35 et de renoncer à une partie des majorations pour travail de nuit ; leurs sacrifices n’ont servi qu’à rendre la société plus présentable : leur usine a été vendue en 2010, et plus de 100 emplois ont disparu. Même scénario chez General Motors à Strasbourg, Continental à Clairoix, Dunlop à Amiens…
Les commentateurs vantent souvent les référendums chez Smart, où 56 % des salariés ont répondu favorablement à la hausse du temps de travail (pour la même rémunération) réclamée par l’actionnaire au nom de la défense de l’investissement et de la non-délocalisation. Mais ils oublient de préciser que si 74 % des 385 cadres consultés ont approuvé l’accord, seuls 39 % des 367 ouvriers les ont imités, car ce sont eux qui ont les charges de travail les plus éprouvantes. Faut-il rappeler qu’un cadre vit six ans de plus qu’un ouvrier ? Avec la nouvelle loi, les ouvriers se verront imposer l’intensification de leurs tâches.
D’une entreprise à l’autre, les salariés ayant une même qualification auront des droits fort différents. On pourrait même imaginer des travailleurs aux statuts totalement divergents sur un chantier avec plusieurs sous-traitants. En fait, comme l’explique fort bien le spécialiste du travail Pascal Lokiec, « cela conduit potentiellement au dumping social et complexifie la situation du salarié qui changera de droit applicable en même temps qu’il changera d’entreprise (1) ». Quant à l’emploi, il restera à quai ou encore plus sûrement plongera. Comme le montrent toutes les études, ce n’est pas la prétendue « rigidité » du code du travail qui fait le chômage, mais le manque de débouchés.

Les élus socialistes aux ordres

Tout comme il oppose les travailleurs aux syndicats, les juges aux technocrates (qui seraient les mieux à même de fixer les pénalités patronale aux prud’hommes ou de définir les licenciements économiques), M. Hollande cherche à opposer les élus parlementaires au peuple français. Assuré avec ces orientations ultralibérales de ne pas bénéficier des voix des députés du Front de gauche et d’une partie des Verts pour faire passer sa loi, le chef de l’Etat réclame des élus socialistes qu’ils s’inclinent (même avec des états d’âme). Il menace donc d’employer la force du 49-3 — une disposition constitutionnelle qu’il qualifiait autrefois (avec lucidité) de « brutalité » et de « déni de démocratie ». La boucle est bouclée.
Martine Bulard

Montbrison, 26 mars