21 juil. 2020

Summer fun !

Comme le chantaient les Barracudas !



THE CHISEL "Deconstructive surgery" 7'
Wahou, c'est du féroce ! Faut croire qu'avec toutes les merdes qui leur tombent sur le dos, les angliches sont sévèrement remontés, ces temps-ci ! Comme le dit leur label, ces gars mélangent allègrement le HardCore au punk UK82 avec un soupçon de Oi!, et du coup, bien entendu, ça fait un peu penser à Negative Approach. En fait, les titres rapides m'ont aussi rappelés N.O.T.A. et les plus lents ne sont pas si éloignés que ça des meilleurs groupes Oi! du début. Vous l'avez compris, ça tabasse tout du long, c'est chanmé et agressif avec un son juste crade sur les bords comme il faut. Les paroles sont du même tonneau, ça cause de bastons, d'oppression de classe et de leur ville (Blackpool, si j'ai bien compris ?). Very good, indeed ! Le genre de skeud idéal pour quand on a un petit coup de mou: ça requinque ! Et comme en plus les chansons sont bonnes et que ça ressemble pas non plus comme deux gouttes d'eau à des vieux groupes (même si j'en ai cité pour baliser un peu les choses), ben ça donne un EP 5 titres qui déchire bien comme il faut, carrément le haut de la poubelle punk actuelle. 'Nuff said. (La Vida es un Mus)



HARD SKIN « South east enders » 12'
Il y a un truc de certain : la conception des pochettes de Hard Skin, ça demande pas un budget de taré ! C'est les mêmes depuis 25 ans ! Et niveau zik, c'est un peu le même topo, vu qu'on ne change pas une équipe qui gagne, vous devriez le savoir. On retrouve donc grosso-merdo l'habituel détournement assumé du modèle « Cockney Rejects 1980 » avec ça et là des éléments du Sham 69 des débuts. Sur les six titres ici présents, ils se sont moins lâchés sur des plans à gros riffs r'n'r directement inspirés des Professionals ou de Thin Lizzy comme sur les 2/3 skeuds précédents et on a plutôt une optique glam / Cock Sparrer sur une paire de chansons, en fait. Et il y a aussi un ou deux titres basiquement punk de rue à la Ejected, si je puis dire. Comme quoi, en définitive ça a un peu changé, ils veulent me faire mentir ?! En tous les cas ils ont toujours ce talent évident pour nous pondre de grosses décharges de Oi ! aux refrains imparables et c'est tout ce qu'on leur demande ! Comme je le dis toujours, ils sont plus drôles que les groupes Oi ! sérieux, mais écrivent aussi de bien meilleures chansons, un comble ! C'est sans doute pas leur meilleur disque (pour ça, « Same meat, different gravy » reste en pole-position) mais c'est du solide, le genre de rondelle idéale pour combattre la morosité ambiante. (JT Classics)



KIAL? « s/t » 7'
Je suis vraiment pas très calé lorsqu'il s'agit de décrire ce genre de punk-HardCore et complètement à la benne s'il s'agit de vous trouver l'étiquette qui va bien… Bref, ça vient de bretagne, ya au moins un membre de Bakounine dedans et d'autres gars qui jouent dans je-sais-plus-quels groupes ; et ça envoie le bois, nomdidiou ! Chais pas, c'est du D-Beat ? En tous les cas ça va vite vite vite, ça braille tout ce que ça sait, ya des riffs qui te pilonnent la face et une prod' bien rugueuse super adaptée au format. T'as pas eu le temps d'y faire gaffe que les six titres sont déjà finis ! Très convaincant de bout en bout, avec une rage non feinte qui transcende le tout. Et puis purée, même si les paroles sont en espagnole (je comprends rien au sponge), ya des petites explications en françé et je partage plus qu'un peu les sentiments exprimés : « Les gouvernements et les états s'efforcent de nous assassiner et de nous diviser entre gens précaires. Les petit-bourgeois conformistes aux discours stéréotypés qui essaient de diviser la scène ne sont que des larbins du gouvernement. Guerre sociale ! ». Yeaaaahhhhhh. Chopez moi ça. (Kial?)



THE TIMES « Red with purple flashes » 7'
The Times, c'était le groupe à Ed Ball, ex-O'Levels et aussi membre des Televison Personalities, pour résumer deux des premiers groupes punk à avoir développé un son et une esthétique radicalement DIY, bricolée et pop à la fin des années 70. Là c'est leur premier 45t de 1981 et je suis super content de cette réédition vu que je ne connaissais que leurs albums de la fin de la décennie (qui sont un peu trop « pop légère » à mon goût). « Red with purple flashes », avec son titre emprunté à un slogan de The Creation, est une chanson fantastique. Un pur tube de pop vitaminée, empruntant largement à The Jam, avec un chant qui peut rappeler les Buzzcocks. Sans rire, ça snap, ça crackle, ça pop ! Oubliez tous vos trucs de power-pop poussive, v'là le vrai truc ! Impossible d'y résister. La face B, je m'attendais à une reprise de The Creation (encore!) vu qu'elle s'appelle « Biff ! bang !pow !», le titre d'un des hits de ces légendaires Mods anglais 60's amateurs de pop-art et de distorsion… et ben pas du tout, c'est un original ! Et excellent avec ça, reprenant le style de l'autre face avec un rythme « soul-punk » directement pompé sur un titre du groupe à Paul Weller. Z-êtaient tout de même chelou, c'est comme si un groupe fan de Clash appelait un de ses titres « London calling », en fait !?! Passé cet étonnement, ce 45t est juste parfait, juste jouissif, juste indispensable. (Static Shock records)



NEWTOWN NEUROTICS « Kick out ! » LP
Nom de naïte ! Une compile des 45t des Neurotics ! Bon, œuf corse, c'est pas la première… et bien entendu, je dois déjà avoir tous ces morceaux en vinyl, à deux titres près, et tous en CD d'façons… (que je suis con!). Mais mais mais, ça vaut super le coup tout de même vu que ce disque sort en parallèle d'un film les concernant et surtout que c'est sur Sealed Records. Du coup, vu le label, ya un super et épais livret format 33t dedans dont j'ai envie de dire qu'il vaut l'achat à lui tout seul (enfin, au moins pour les fans du groupe comme moi, ça tombe bien!). Et du coup, le mastering est super et le son aux petits oignons, bien supérieur aux skeuds de la même période réédités ces derniers temps par nombre de labels spécialisés dans les repress qui s'emmerdent beaucoup moins la vie. Donc les Newtown Neurotics : un trio de fanatiques des Ramones qui se sont appliqués pendant quasi 10 ans à produire un punk rock mélodique sur fond d'excellentes paroles à la fois politiques et personnelles, un des grands groupes du punk anglais de la 1ere moitié des 80's pour moi. Ici, ça reprend les six premiers 45t du groupe, de 79 à 84 (et un titre de compile), et paye tes classiques : « When the oil runs out », « Kick out the tories », « Mindless violence », « Suzi is a heartbreaker », etc ! Ils avaient une qualité d'écriture bien au dessus de la moyenne et une capacité assez incroyable à proposer un truc complètement unique. De l'indispensable, tout simplement. Un groupe loin des clichés du punk, qui mettait ses convictions concrètement en oeuvre (la praxis, les gars!) en jouant non-stop en soutien à des grèves et autres mouvements sociaux. Je les ai découvert à 15 ans, au milieu des 80's, avec « Kick out the tories » et ils ne m'ont jamais quitté depuis. Et les paroles de cette chanson sont toujours d'actualité, putain ! « Virons la droite » !! Si vous ne devez acheter qu'un seul skeud punk cette année, ça mériterait bien d'être celui la. (Sealed Records)



COMPLETE CONTROL « Bricks blood'n'guts (in 1985) » LP
Cool que ce skeud soit réédité parce que l'original, sorti en 1985 sur Oi ! Records, je l'ai jamais jamais jamais vu ! En fait, je ne connaissais que leurs deux morceaux sympas sur la compile « This is Oi ! », ça fait pas lourd. Complete Control, c'était un groupe de hooligans Gallois avec Bilko, ex-Anti-Social Workers (un LP produit par Mad Professor !!) et futur Blaggers, et Matty, futur Blaggers aussi, qui avait alors "Lacoste" comme surnom vu que c'était une marque prisée dans les tribunes d'outre-manche en ces temps là. En définitive, un des très rares groupes « punk » à avoir épousé la culture « casual » alors hégémonique dans les stades anglais : faut pas se leurrer, les groupes de skins avaient beau tous pondre une « chanson de foot », dès 1982-83 c'est pas eux qui régnaient dans les stades mais bien les casuals, hein. Donc je savais pas trop où je mettais les pieds et c'est pas mal, pas mal. On est tout de même loin de l'excellence du premier LP des Blaggers (« On yer toez » aussi publié par Oi ! Records, mais quatre ans plus tard), principalement en raison d'une production timide, ou d'une absence de production, plutôt. Le disque sonne terriblement comme une démo : la prise de son n'est pas mauvaise, c'est juste que le mix est tout pourri, trop neutre, sans relief… dommage. On peut aussi dire que Matty n'avait pas encore atteint son rythme de croisière : son chant est parfois emprunté, souvent en retrait, bref on est encore loin de la gniaque et de la concision dont il fera preuve quelques années plus tard. Le tableau que je vous dresse ici est un peu sombre car en définitive, ce n'est pas un mauvais skeud : ya de chouettes refrains, des lignes de basses qui tuent, et finalement (presque) tout ce qu'il faut pour faire un bon disque de punk. Mais la comparaison avec le LP des Blaggers joue pas en sa faveur, c'est certain. Pour les completistes en matière de Oi ! et les fans ultras des Blaggers, c'est donc un super document, mais ça n'est pas indispensable pour les autres. (Mad Butcher)



ANTHRAX « They've got it all wrong » 7'
Ahah non, il ne s'agit pas du groupe metal ricain mais d'un groupe anarcho-punk anglais du début des années 80 ! Là il s'agit de la réédition de leur premier 45t sorti en 1983, juste avant un autre publié sur Crass Records. Les quatre titres sont vraiment excellent, dans un style pas très éloigné de Conflict et de la frange la plus rapide de l'anarcho-punk mais néanmoins traversé de fulgurances mélodiques qui les rapprochent un peu d'Omega Tribe, ou presque. Sans déconner, c'est vraiment vraiment bonnard, du punk sincère joué par des ados véners, avec de bonnes paroles et une super pochette ! La chanson « Got it all wrong » est juste un grrroooos tube des familles, le truc totalement imparable. Un petit classique en bonne et due forme. Classique oublié, certes, mais classique tout de même ! Ce qui serait bien, c'est que le 2eme EP soit réédité aussi mais vu le prix des rééditions de Crass (22 euros le lp ! « pay no more than... » et tout ça, c'est du passé, hein!), je sais pas si je pourrais me l'offrir ahaha ! (Mad Butcher)


B.R.A. n°9
Purée, j'étais certain que ce skin-zine bordelais n'existait plus depuis au moins 10 ans ! Bah je m'a trompé, comme on dit aha. Alors le truc surprenant pour un zine de rasés, c'est qu'on a droit à des trucs qui sortent un peu du chemin sur-balisé habituel : une interview de Los Mirlos, un groupe de Cumbia, ou une autre du vigneron punk qui produit les vins « Les sabots d'Hélène ». Excellent et passionnant !! On a aussi les trucs obligés, avec œuf corse du reggae : interview de John Holt, malheureusement ici dans la tradition des vieux artistes jama bien egocentrés, et œuf corse aussi de la Oi ! avec The Unborn, groupe rital à donf' dans un concept films d'horreur, une interview bien cool qui m'a donné envie de les écouter, pour tout dire. C'est le but, non ? Et le plat de résistance : un dossier sur Le Mors Aux Dents. C'est la raison pour laquelle j'ai récup' le zine, honnêtement, et c'est super bien, on en apprend enfin un peu plus sur ce mythique et énigmatique groupe Oi ! de la fin des années 80 qui avait pour singularités le fait d'être d'extrême-gauche et du pays basque nord (ça chante en français, quoi!). Le tout est bien présenté et rédigé dans un bon esprit, donc une super bonne surprise ! ( fanzinebra et hotmail point com)

22 juin 2020

Des chips et des leffe !

Des skeuds et des zines !

CHUBBY and THE GANG 
« Speed kills » LP
 
C'est pas trop compliqué, voilà le skeud récent que j'ai le plus écouté depuis le début de l'année... et pendant le confinement aussi, tiens d'ailleurs ! Je connaissais pas du tout ces anglais aux looks casu / skins de bon aloi mais la pochette m'a fait de l’œil. Je sais pas vous, mais c'est quand même assez rare qu'une pochette me fasse de l’œil... c'est assez rare qu'une fille me fasse de l’œil aussi, ceci dit, ahaha ! Mais là, putain, elle est absolument splendide: détournement talentueux de Robert Crumb avec des couleurs sur-agressives et plein de détails, le panard esthétique complet ! J'aurais presque pu me contenter de la pochette, mais ça aurait été un peu con. Parce que le contenu est à la hauteur. En fait, même s'ils n'ont rien inventé (ou pas beaucoup), leurs chansons me foutent une patate du tonnerre de dieu ! C'est marrant, ça me rappel plein de petits trucs mais le mélange est tout de même charismatique et cohérent, et ça ne sonne pourtant pas autant "retro" que ce à quoi on pourrait s'attendre. En fait, ça me fait penser à des New Bomb Turks qui se mettraient à jouer un mélange de oi! et de glam/proto-punk, ou Career Suicide qui ferait des reprises de Dr Feelgood et d'obscurités punk 77 / KBD ! Le son est plutôt garage, le tempo HC pieds-au-plancher à une paire de "ballades" près, et le chanteur gueule plus qu'il ne chante. Mais on y chope tout de même de chouettes mélodies, rehaussées de discrets mais judicieux ajouts d'harmonica, de bottleneck, d'orgue et de hand-claps. Bref, ce n'est pas "que" bourrin, c'est du rock'n'roll énervé pour aujourd'hui. Franchement, ce disque est terrible, de loin le meilleur truc écouté depuis une paire d'année. C'est pas souvent que je trouve une énergie communicative aussi évidente chez des groupes contemporains trop souvent sur-référencés et appliqués, bien trop focalisés sur la reproduction d'un son et d'une esthétique... Là, c'est bordélique, sincère, foutraque, jouissif et ça donne juste envie de sauter partout en levant le poing! Aaarrggh ! Loupez pas ce skeud, sans dé-co-nner !! Ils me réconcilieraient presque avec le punk actuel, tiens. (Static Shock)


MOVING TARGETS 
« Wires » LP
 
Vous le savez p'têt pas, mais les groupes qui se reforment, généralement ça m'en touche une sans faire bouger l'autre… Mais il faut toujours des exceptions pour que la proverbiale règle s'applique, non ? En v'là donc une, d'exception ! Même si en réalité, en terme de reformation c'est pas tout à fait ça : à part le chanteur / guitariste / compositeur, tous les autres musiciens du groupe original sont morts, donc là c'est Ken Chambers et deux nouveaux gars. Peut-être qu'il s'est dit que personne ne se souviendrait de Ken Chambers ? Mais comme dirait notre bon monarque : « Et en même temps », qui se souvient des Moving Targets ? Bon, je m'y colle : dans les années 80, aux US des A., ils furent parmi les tous premiers groupes à suivre la voie tracée par Hüsker Dü en proposant un post-HardCore mélodique et tourmenté. Un des deux ou trois meilleurs dans le genre, pour moi, avec les Nils, tiens ! Leur premier album de 1986, « Burning in water », est une merveille incomparable, et les trois suivants étalés entre 1989 et 1993 sont des putains de bons skeuds aussi. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais le concert qu'ils ont donné cet automne à Sainté était excellent, j'en ai donc profité pour choper ce nouvel alboum. Bien m'en a pris : il est super lui aussi ! En fait, c'est comme si 30 ans ne s'étaient pas écoulés : je les retrouve comme je les aimais, avec ces mélodies qui tuent, ces guitares foisonnantes et ces ambiances dont ils ont toujours eu le secret. C'est marrant, parce qu'en fait ce disque me fait pas mal penser à l'album des Lemonheads d'il y a une dizaine d'année, celui ou les Descendents ont servi de backing-band à Evan Dando ! Certaines mélodies s'en rapprochent vachement et le format est à peu près le même : punk mélodique proche de la perfection. Pour citer à nouveau notre aimable souverain : « Et en même temps », on peut se souvenir que dans la deuxième moitié des 80's, les deux groupes partageaient le même label (Taang!) et les mêmes origines (le Massachusetts). Donc bon, rien d'étonnant, finalement. Quoi qu'il en soit, si vous avez envie de refrains lumineux, de punk-rock intemporel et de belles chansons tubesques, cherchez pas plus loin : voilà un disque qui ne fait pas pâle figure aux côtés des classiques. Prenez en de la graine, les p'tits jeunes ! (Boss Tuneage)

  
DEAD WRETCHED 
« No hope for you » LP 
Depuis quelques années, le label redskin allemand Mad Butcher s'est lancé dans la réédition de tonnes de trucs punk anglais en licence, comme à peu près 15 ou 20 autres labels européens. Je trouve ça plutôt cool vu que ça permet de choper des skeuds à des tarifs abordables et Mad Butcher a donc rendu à nouveau disponible des classiques absolus et indispensables de The Partisans, The Blood, Violators, Peter and the Test Tube Babies, The Carpettes, Red London, Demob et autres The Nips. Généralement, ils ne se foulent pas trop sur les pochettes et y'a pas souvent d'inserts ou d'infos (voir la différence énorme entre leur réé basique des Violators et celle, excellente et irréprochable, de Vomitopunkrock Records...). Mais sur ce coup, là, c'est carrément bien vu puisque de toutes façons, on ne peut pas dire que ça se bousculait pour rééditer cet obscur groupe de « punk UK82 ». Un groupe qui de son vivant n'a sorti que deux 45t, soit 6 morceaux... Et sérieux, c'est excellent !! Ils étaient de Birmingham mais on ne peut pas les rapprocher tant que ça de Charged GBH, les gloires locales. Ou alors, juste un tout petit peu. Les six titres des 45t, c'est la pure boucherie ! "No hope for the wretched" qui est issu de leur premier EP, c'est un tube POIDS-LOURD, un pur hit de Oi! comme peu de groupes Oi! d'alors réussissaient à en produire, et je te parle même pas de ceux de maintenant, hein. Un vrai gros classique ignoré, pas juste un truc sympa mais un peu anecdotique non non non. C'est du niveau des meilleurs artefacts du genre, voir même meilleur que certains incontournables si tu veux mon avis. Et "Convicted" de leur 2eme 45t est du même tonneau: gros mid-tempo super méchant mais dont le refrain te squatte le cerveau directos. Le chanteur a une super voix, je trouve, en plus. Je ne comprends pas pourquoi ce groupe a été complètement oublié, sérieusement ? Ils auraient eu un skin dans leurs rangs, tous les neusks pavloviens (pléonasme !) leur voueraient un culte. Et si des mecs de Tragedy en avaient causés, les punks-bubars du monde entier en feraient des reprises. Tu m'as compris, ils ont pas eu la chance de Blitz et surtout pas la résonance de ces derniers, pour tout dire ! Mais attention, on pioche aussi ici des titres plus rapides dans une optique GBH / One Way System, un brin moins évidents mais tout aussi efficaces, pour un ensemble sonnant plus "UK82" que Oi!, c'est clair. Le label a rajouté 4 démos sympas de 1982 mais qui piquent un peu niveau confort auditif, 3 titres de répets de la même année quasi inaudibles et 4 titres enregistrés en 2010 qui, sans approcher l'excellence des chansons des 45t, sont pas dégueu du tout. En tous les cas, moi je suis content, ça passe régulièrement sur mon tourne-disque et je pense que ça devrait aussi le faire sur le votre. (Mad Butcher)
 

ARTCORE n°39
   
C'est toujours noël à la maison quand un nouveau n° de Artcore sort ! Et comme toujours, on a droit à des interviews super bien tournées de groupes en activité qui ont des trucs intéressants à dire (Open Wounds, Subhumans, Total Massacre, etc.) mais aussi des entretiens passionnants avec des choses historiques : ici, le légendaire zine Flipside, Part 1, le groupe anarcho-punk anglais du début des 80's ou ces chers Exit Condition qui causent de leur relation avec Pushead. Trop bien ! On rajoute les souvenirs perso d'un gars sur les mythiques concerts H.C. du sud de la Californie au début des années 80, et ça se boit comme du petit-lait ! Je suis plus circonspect quant à l'énorme article couvrant la scène punk Canadienne des années 70 et 80 : il a les défauts de ses qualités, en fait. A trop vouloir être exhaustif, ça finit par ressembler à une liste de noms plus qu'à autre chose et ça manque cruellement de contexte… mais je pinaille, c'est un boulot de fou qui couvre donc absolument tous les groupes, de DOA aux Nils, en passant par Teenage Head, les Diodes, Dayglo Abortion, SNFU et des dizaines d'autres. Dans un registre différent, l'article sur le revival Mod de 1979 ne me satisfait pas réellement non plus vu que bien vite emballé et présentant des choix un peu chelou (...préférer les Lambrettas à The Squire ! Non mais ans dec'!!?!). Mais à l'arrivée, tout ça donne plusieurs heures de lecture impeccable, et c'est toujours pour moi un des meilleurs zines en activité, bien entendu. Et en plus, y'a un 45t avec, et pas n'importe quoi !:

MYDOLLS 
«Nova grows up »  7'
Pas n'importe quoi, donc, étant donné que c'est une réédition d'un 45t sorti en 1981 sur C.I.A. Records, label Texan responsable de skeuds légendaires de Really Red et Culturcide. Mydolls, c'est un groupe qui a partagé les scènes avec certains de mes groupes favoris (Dicks ! Big Boys!) et qui fut partie prenante de la scène punk de Houston, aux côtés des grand frères de Really Red déjà cités. Et un groupe qui avait la particularité pour l'époque d'être aux trois/quart féminin, ce qui était encore bien loin d'être entré dans les mœurs ! Les trois titres ici sont super charmants : post-punk au son à la fois très aéré (super production, d'ailleurs!) et à l'équilibre pourtant garagesque, particulièrement sur l'instru de face B. Le synthé aigrelet renvoie aux Stranglers et les saccades de grattes à Gang Of 4, mais les structures free-form et le chant plein de morgue font inévitablement penser aux Slits. Je vous dit ça pour situer, j'aurais tout aussi bien pu vous renvoyer à des Kleenex moins pop et moins punky ,ou à des Neo Boys avec le sens du groove (et qui auraient appris à jouer, ahaha!). Mais en fait c'est à la fois tout ça et d'un autre côté pas du tout ! Du post-punk un brin arty mais pas trop, super ludique et singulier, en bref une réussite. Mon seul reproche, c'est que le disque est trop court !


LA CLASSE A DALLAS
Ah yes, le bon gars « Ake » responsable du défunt zine « Au Paul Emploi » remet le couvert ! Chic alors ! On reste donc sur des textes mélangeants fiction et témoignages et ça roule, ma poule ! Par contre, il ne nous propose pas que de l'inédit sur ce coup, l'enfoiré : certains textes (ceux sur l'absurdité du travail précaire) sont issus de Paul Emploi mais avaient été recalés de l'excellent recueil « Le travailleurde l'extrême » ; c'est parfait pour ceux qui ont le bouquin mais pas la collec' intégrale du zine, mais un peu frustrant pour les autres, beuhh. D'autres textes ici présents ont eux été publiés dans différents zines (R.E.S.T, Deadline…). Mais on a tout de même de la nouveauté avec toute une série de rêves super drôles et finement racontés. Et pi un récit de sa carrière footballistique avortée à se rouler par terre de rigolade, et un autre du même tonneau sur ses expériences de colos quand il était gamin. Cerise sur le gâteau, une page salvatrice sur l'obsession de la brochure et de la réu dans les milieux alternatifs ! Bref, que veux-tu que je te dise ? C'est à la fois farfelu et perspicace, souvent ultra marrant et d'autres fois pas du tout, très critique mais loin du nihilisme de façade en vogue ces derniers temps dans les milieux « autorisés »... Far-pait ! L'idéal, pour moi, serait qu'il nous chie un recueil comme ça tous les deux/trois mois… Mais j'ai comme un doute… Au boulot, feignant !!! Et pour ceusses qui n'ont toujours pas lu « Letravailleur de l'extrême », foncez vous le procurer, c'est indispensable. (boudoumeterror  at riseup point net)


LA MORSURE DU QUOTIDIEN
Voilà un petit zine / livre fort iconoclaste, écrit à quatre mains par Philippe Vérole et Lyssa L. ; une de ces deux personnes a un passif dans un groupe punk connu, à vous de trouver lequel, je ramasserais les copies dans vingt minutes… Une petite cinquantaine de pages pour des textes « au feeling » où ça ferraille dru contre ce monde de merde. C'est pas exactement le truc que je lirais si j'étais en dépression, faut l'avouer, mais une saine colère le dispute au renoncement misanthrope, donc ça me le fait. On est parfois pas loin de la poésie, d'autres moments plus proche du pamphlet, bref c'est pas super évident à cataloguer, tu as dû voir comment j'en chie pour le faire ahaha. J'oublie pas que l'objet est en lui même très joli, avec un choix de typo « old school » et des gravures des XVeme et XVIIeme siècles comme illustrations. Si vous êtes de nature curieuse : get it ! Si vous ne l'êtes pas, ça peut aussi vous plaire. (Mort Lente)


PARCE QUE ÇA NOUS PLAÎT / WELCOME TO THE CLUB
On m'a gentiment fait passer ces deux livres conçus sur le même principe : 20 nouvelles ayant pour thème un groupe punk Français, O.T.H. et LES THUGS respectivement, par 20 auteurs hexagonaux. Je me suis malheureusement rendu compte que ce n'est définitivement pas pour moi. Et j'en suis vraiment désolé, mais ya des trucs comme ça dur à expliquer ! Par exemple, j'aime pas le cirque, je vous l'ai déjà dit ? Mais revenons à nos moutons : j'aime pourtant lire et j'adore les deux groupes en question, donc je m'étais dit que ça allait le faire... Mais en fait non. Je suis pas convaincu par le principe, pour tout dire. Alors bien entendu, j'ai pioché dans les deux opus quelques nouvelles très chouettes, mais je trouve le concept tiré par les cheveux : je cherche encore le lien avec le groupe dans certaines nouvelles, par exemple ! Comprends pas ? Et certains choix récurrents me gavent un brin : dans le livre sur O.T.H., t'as l'impression que presque tout le monde s'est senti obligé de parler de Hlm avec le décorum censé aller avec, vu que comme le disait la chanson, « les hlm, les hlm, les hlm sont leur domaine »… C'est dommage parce que ces deux livres sont diablement jolis et bien branlés. Et heureusement, je suis persuadé qu'ils trouveront leur public ; je ne suis pas une référence en matière de bon goût, après tout ! (Kicking Records)

14 mai 2020

brigades de solidarités




nous ne paierons pas !


Au moment où les patrons et libéraux de tous poils avancent leurs pions, nous serinant la même rengaine encore et encore: "Il faudra travailler plus pour gagner moins", il faut leur faire passer le message: pas question de voir nos droits démantelés, encore et encore !


13 mai 2020

Bad Cop / Bad Cop - Womanarchist

des appels à soutien


Lieux autogérés ou associatifs, collectifs, groupes d’entraide... recueil non exhaustif d’appels à soutien pour celles et ceux qui le peuvent.
De-multiples-appels-a-soutien-a-Saint-Etienne

10 mai 2020

interview

BAKOUNINE


Comme vous n'êtes pas censés le savoir, je suis pas du tout un spécialiste du D-Beat. Comme tout le monde, j'aime les skeuds de Discharge , enfin, ceux avant qu'ils commencent à faire du metal pourri, hein! Mais ça s'arrête là… Y'a de ça 3 ou 4 ans, on m'a filé le split Bakounine / Dispose, et bizarrement, j'ai carrément accroché à la face Bakounine… Et le CD « Ten years of boudoume » qui compile tous leurs skeuds a ensuite bien tourné chez oim, aussi. Va savoir pourquoi ! De la farce, j'attendais leur nouveau disque avec impatience et j'ai donc été bien content lorsque ce « Is there any point in this ? » est sorti l'année dernière : comme d'hab', c'est du D-Beat, donc, traversé d'influences plus délibérément Hard-Core. Perso, je trouve qu'ils ont toujours un petit côté Poison Idea circa « Kings of punk » mais c'est plus du domaine du ressenti subjectif qu'autre chose ! Et sur ce nouveau skeud, ce qui m'a attrapé l'oreille c'est qu'avec un chant moins hurlé et une production très carrée, plusieurs titres se rapprochent finalement vachement des trucs les plus speeds du « UK 82 », One way System en tête. Allez écouter « Ugly france 2019», c'est un tube évident ; et le reste du LP déménage aussi !
Donc voilou, j'ai décidé de poser quelques petites questions à ces Bretons, parce qu'en plus, leurs paroles sont vraiment bien branlées, plus perspicaces et moins stéréotypées que la plupart de celles des groupes dits « politiques ».
Merci donc à Ronan aka la guiche, Manu aka bechamel, Jérôme aka ake, et Guéna aka garci pour leurs réponses… ya pas que les stéphanois qui ont des surnoms, dic donc, dis donc !


Plus de dix ans d'existence, c'est quoi la motivation pour continuer,avec les changements de line-up et tout ça ?
Ronan:Je crois que la motivation est d'avant tout de se faire plaisir et de passer du bon temps entre potes...Si avec ça on peut, apporter un peu de soutien à des causes où des gens qui nous touchent, c'est cool aussi.Après neuf ans (pour ma part), on arrive toujours à se fendre la gueule (et à se prendre la tête aussi) en tournées, c'est sûrement un peu difficile les premiers temps pour les derniers arrivés, mais après quelques temps, c'est pas les derniers à rentrer dans la connerie on va dire. On peut dire qu'on continue à faire notre truc de notre côté sans trop se prendre au sérieux.
Manu : Ben écoutes moi ça fait moins longtemps que je suis dans le groupe mais je suis très content d’y être ! La motivation principale c’est de jouer et tourner avec mes potes. C’est cool parce que je les vois pas si souvent, on est tous éloignés, Guéna vers Rennes, Jérôme à quintin, la guiche en Euskadi et moi dans les Monts d’arrée, on se voit pas souvent… Alors faire Bakounine ça fait qu’on passe du temps ensemble parce qu’on est potes avant toute chose ! J’aime bien chanter dans bakounine parce qu’on joue pas forcément pour les même gens qu’avec Litovsk, parce que je kiffe faire un truc plus punk musicalement, c’est pas la même ambiance en tournée non plus… J’aime les deux groupes de manière égale, je recherche pas la même chose dans les deux groupes sinon ça n’aurait pas de sens. Bakounine on rigole bien, on se prend pas au sérieux, c’est souvent la grosse kermesse dans le van, surtout quand on est avec tonton Lucas et la broc de USA LA TUA RABBIA et nos acolytes de tournée comme Muzulin notre driver fou ou Daweed sur la dernière tournée. Bref moi ce que cherche en faisant tout ça c’est rencontrer des gens, voir des lieux chouettes, passer du temps avec mes amis et si le bruit qu’on fait plaît à des gens et peut contribuer à soutenir des luttes avec les concerts de soutien ben c’est tout bénèf…
Jérome : Le groupe existe depuis bientôt 15 ans. Malgré les changements de line up, ce qui caractérise Bakounine c’est l’esprit de famille. Nous sommes très proches et très soudés entre nous. Les personnes qui ont rejoint le groupe en cours de route sont des supers potes. Nous avons toujours privilégié l’humain à toutes autres considérations. Nous sommes toujours aussi heureux de nous retrouver et je crois que c’est la principale raison de cette longévité.
Guéna : Il me semble que l’essentiel a été dit : l’amitié, passer du temps ensemble, retrouver  des ami-e-s et rencontrer d’autres gens et lieux, puis s’amuser. J’ai fait mon apparition dans Bakounine à la fin de l’album pour faire quelques pistes de basse, puis j’ai enchaîné avec la mini tournée début juillet, et la tournée jusqu’en république tchèque en août, 4000 km en une semaine ;..whouah, ce qui était presque un challenge, avec peu de sommeil et beaucoup de fête. Cela dit, on est déjà amis depuis longtemps, et le fait de les accompagner dans la tournée en espagne/portugal en octobre 2016 a eu une influence sur le fait que j’intègre Ostavka puis Bakouine. C’est comme une suite logique sur fond d’amitié.

Définissez votre concept de « boudoume » pour les béotiens que nous sommes !
Ronan:Le terme boudoume remonte à mes débuts dans le groupe...C'est parti d'une blague. Disons qu'un morceau boudoume, est un titre court et rapide.
Jérôme : C’est parti d’un délire complètement con pendant l’enregistrement de notre seconde démo en 2012. Nous nous sommes mis à délirer sur le nom de groupe Children Of Bodom. Techniquement parlant on est tellement perrave qu’on s’est dit qu’avec nous dans ce groupe ça serait plutôt children of boudoume. Voilà comment on en est arrivé à jouer du boudoume. Y’a pas vraiment de concept…du boudoume c’est du D-Beat.

Sur votre dernier skeud, j'ai trouvé que certains titres s'éloignaient un peu du cadre hyper normé du D-Beat. C'est voulu ?
Ronan:Je pense qu'on n'est jamais rentrés dans ce cadre hyper normé du d-beat....Selon moi on n'a jamais vraiment été un clone de Discharge ou Disclose....on a pas forcément des riffs qui sonnent comme ces groupes là, et nos textes sont plutôt éloignés. Si on affectionne tous le d-beat, on doit reconnaitre que c'est un genre qui n'évolue pas....Pourquoi parler de guerre sur tous les morceaux, si ça ne correspond pas à notre réalité ? Je pense qu'on a été influencés tous plus ou moins par le hardcore des années 80 qu'il soit d beat ou non,anglais, italien, suedois....La liste est longue.
Pour info, vu qu'on parle du dernier disque, on peut dire qu'il à été fait dans des conditions un peu spéciales....Etant donné que je me suis éloigné géographiquement depuis deux ans et demi maintenant, on ne peut pas avoir un rythme régulier de répètes sachant que je me trouve à 1000 km du reste du groupe. Jérôme m'envoyait des idées que j'écoutais, on s'est mis d'accord sur des structures, et on a répété les titres tous les deux deux fois avant d'enregistrer, soit environ 4 heures, tu vois à quel point on est des bosseurs! La batterie a été enregistrée fin 2018, le reste en 2019. N'étant pas présent aux autres sessions, j'avais aucune idée de ce qu'allait chanter Manu par-dessus. Flo a décidé de quitter le groupe début 2019, et Guéna est arrivé peu de temps après
Manu : Ben je pense que comme dit la guiche c’est pas voulu dans Bakounine d’être un clone de Discharge ou Totalitar même si on raffole du d-beat… On écoute aussi beaucoup de punk anglais des années 80 et de hardcore de ces années là… C’est aussi du au fait que je me suis rendu compte que j’avais du mal à crier tout le temps alors j’avais plus envie de chanter en mode punk que crust ou d-beat beuglé haha. Du coup on a adapté la musique !
Jérôme : Je pense au contraire que ce skeud est du D-Beat classique sans aucune originalité dans les structures de morceau. C’est un parti pris qu’il nous a été un peu imposé aussi. Ce disque est vraiment particulier pour plein de raison. L’éloignement géographique du batteur, le bassiste qui stoppe l’aventure musicale (après 9 ans dans le groupe)…on va dire que ce nouveau contexte nous a poussé à sortir un nouveau disque très rapidement…comme si l’avenir du groupe en dépendait. Ce disque n’aurait jamais du voir le jour. Il est le résultat d’une période un peu chelou ou il a fallu trouver un nouvel équilibre. Perso je l’aime beaucoup ce disque. L’arrivée de Garci à la basse est le meilleur truc qui pouvait nous arriver. Si tu additionnes la dose de connerie de chacun on peut dire qu’on est au summum de notre carrière.
Guéna : Les morceaux étaient déjà composés lorsque je suis arrivé mais si on regarde toute la discographie du groupe, je trouve que c’est une suite logique, on constate bien l’évolution, c’est un peu comme un glissement dans quelque chose de plus punk et finalement plus efficace. Les textes sont aussi très bien et sont critiques des carcans habituels du punk, qui n’a cessé de se cloisonner en genre et sous-genre, se collant un imaginaire « radical » derrière des attitudes et postures. Du coup, tout en ayant des idées dites « radicales », on essaye aussi ne pas trop se prendre au sérieux et savoir rire de tout ça.



Vous abordez dans ce dernier skeud le thème des réseaux sociaux, avec en sus une pochette qui taille les punks « super connectés » ou sur facebook : comment les punks peuvent prétendre être « différents » s'ils utilisent les mêmes moyens de « communication » pérraves que le premier admirateur de Macron venu ?
Ronan: Bonne question, j'avoue que j'ai du mal à comprendre des fois cet intérêt pour les réseaux sociaux....Internet nous à apporté des trucs cool, mais c'est aussi le reflet de toute la connerie humaine. J'ai l'impression que de nos jours les gens veulent absolument tout commenter et tout montrer de leurs vie....Au fond qu'est ce qu'on en a à foutre de leurs vies et/ou opinions? Ce besoin de tout filmer, de tout documenter....Apparemment c'est de plus en plus difficile de monter des tournées sans facebook, mais comment ça marchait avant?
Manu : Bon déjà je dirais qu’on a tous et toutes des contradictions dans ce milieu ou cette « scène punk »… Payer des péages ou de l’essence chez total à longueur de journée en tournée c’est pas vraiment alternatif haha. Mais bon je crois que l’essentiel c’est d’essayer tant bien que mal de réduire ces contradictions entre le discours et les pratiques. On est loin de se considérer comme des punks irréprochables qui ont tout compris à la vie haha. Mais ouais on avait quand même envie de jeter un petit pavé dans la marre du punk aujourd’hui même si l’audience de Bakounine n’est pas celle de Tragedy ou d’un groupe hype barcelonais du coup ça touche moins de gens haha. En fait je comprends toujours pas comment la scène punk « diy » ou politique était engagée contre myspace et a adopté facebook aussi facilement…  Je jette pas de pierre à mes potes qui utilisent facebook ou instagram et tous les gens qui l’utilisent ne l’utilisent pas de la même manière. C’est juste que ça me fait marrer les groupes punks politisés qui envoient quinze mille photos d’eux en tournée à grand renforts de hashtags, « wahou on mange des cupcakes vegans youpi ! » ou « on enregistre un nouveau clip, work in progress » enfin bref je comprends pas le délire… pour moi ça s’apparente à des stratégies commerciales, « teaser » le public comme on dit. Sur l’organisation de concerts, ça a coupé pleins de liens et ça exclut plein de gens qui n’utilise pas les réseaux sociaux, c’est assez dingue… On est des fois au courant d’une tournée d’un groupe qu’on aurait aimé faire jouer 3 mois après l’annonce de la tournée hehe.  Et puis y’a une vraie dérive vers le carriérisme et le management, je pète un plomb régulièrement avec les tourneur-euses qui se prennent pour des pros alors qu’ils-elles sont sensé-es être dans le « diy », « alors ça fera 500 euros en semaine ou 800 le weekend » mais de qui on se fout là ??? Pareil pour les labels… enfin y’a mille raisons de gueuler contre l’usage pervers de ces outils aliénants…
Jérôme : Sur 10 titres il y’en un seul qui traite réellement des réseaux sociaux. Le punk fait partie de la culture dominante…il faut arrêter de se raconter des conneries. Nos révoltes et nos revendications ne dépassent plus le cadre institutionnelle. Ce disque évoque aussi des sujets dont on ne parle pas souvent comme le handicap (Comment la société met les gens en situation de handicap ?).
Guéna : En effet, c’est curieux de constater à quel point Face de Plouc a submergé notre société, pour ne pas dire bouleverser notre rapport aux autres. Ainsi, le mouvement punk, qui se dit contestataire, s’est engouffré dedans sans tenter de développer des alternatives comme le réseau social Diaspora chez Franasphere. Alors maintenant, je trouverais intéressant de faire un pas de côté pour expérimenter cela et tenté de « dynamiter » FB.

D'ailleurs, vous en avez vu beaucoup, des « punks », dans la mobilisation contre la réforme des retraites, vous ?
Manu : Ben à Brest, parce que c’est là que j’allais aux manifs, y’avait des punks et des skins quand même aux grosses manifs contre la réforme des retraites. Après dans l’orga au quotidien du mouvement moins, mais bon les potes taffent pour la plupart et on est pas tous et toutes égaux vis à vis de la grève, moi je pouvais me le permettre en tant que salarié dans l’éduc nationale mais un pote mécano, lui c’était plus chaud par exemple. Après en france en général non je pense juste que le punk n’est plus une bande son pour la jeunesse politisée ou marginale. Les plus jeunes écoutent plus de rap actuel ou de la techno et c’est pas bien grave de s’en rendre compte, je pense que ce qui fait plus mal c’est de voir le désintérêt de la scène punk déjà existante pour la pratique politique. Mais cela dit faut pas non plus déconner, en france aujourd’hui il y a quand même pas mal des groupes qui portent un propos politique et dont les membres se retrouvent sur des luttes sociales. Les potes de lille, marseille, nantes, rennes,toulouse... Enfin un peu partout des gens s’investissent quand même dans ces luttes. A toulouse Stonehenge et d’autres on fait une compilation de soutien, à paris y’a eu des concerts en soutien aux grévistes… Je pense que oui malheureusement il faut quelque part accepter que le punk n’est plus « attirant » après ça empêche pas de voir des jeunes politisé-es en concert à brest parce que c’est un concert en squat ou de soutien du coup ça les expose au punk…
Guéna : Comme le dit si bien manu, il y a en effet des punks qui se rendent dans les manifs et/ou  participent d’une certain manière aux luttes sociales. J’ai toujours considéré que le punk ou l’anarcho punk n’était pas suffisant comme investissement, mais que cela se passait en dehors de la sphère musicale dont le rôle s’illustre souvent dans  l’accompagnement des luttes sociales, à travers des soirées de soutien et des textes engagés. Ce ne sont pas les paroles qui sont révolutionnaires mais les actions que celles-ci peuvent inspirer. Le mouvement punk portent des idées fortes, qui nous transforment personnellement et collectivement, après je ne pense pas que cela soit suffisant. Finalement aujourd’hui, l’implication de l’anarcho punk est surtout de faire de la subversion dans le milieu punk pour maintenir un certain degré de conscientisation et de réflexion sur un certain nombre de thématiques (antifasciste, antisexiste/féministe, végétarisme/véganisme, nucléaire, nouvelles technologie, contrôle social, etc.) et de comportements.

Vous avez pas un peu l'impression, dans le même ordre d'idées, que le punk actuel est complètement coupé de la réalité sociale ? Qu'il n'est qu'une panoplie de plus, un truc seulement esthétique ? Même pour certains groupes soi-disant « politiques »...
Manu : Ben j’ai un peu répondu à cette question dans mes réponses précédentes. Comme la guiche il y a des phénomènes de mode que j’ai du mal à cerner… Quand on voit l’engouement soudain pour la oi ! Française ou la oi ! En général par exemple, c’était drôle parce qu’ à brest on avait avec les potes l’impression pendant longtemps de passer pour des « has been » à écouter Blitz, Camera Silens et subitement c’était le son à la mode. Pareil pour le « Uk 82 », on est plusieurs à avoir toujours aimé One Way System, Varukers ou External Menace par exemple et c’était un peu un truc de péquenots pour les gens qui font les modes dans la scène punk et d’un coup bam !  Ça devient le son du moment ? Bref c’est à n’y rien comprendre… Je parlais plus haut des « labels » punk, j’ai de plus en plus de mal avec la manière de fonctionner de certains…. Il y a de plus en plus de refus d’échanger les disques, ça pinaille sur les prix, je me suis fais prendre pour un con avec un label basque qui me disait de vendre plus chère mes disques si je voulais échanger avec lui ?? Le mec il me disait « nan mais si tu veux faire 2 eps contre un lp il faut vendre tes disques plus chère nianiania », j’allais pas vendre des disques de Tatchanka (mes potes en plus) à 6,5 le ep, nan mais il a cru ou quoi ? Bref des fois j’en peux plus, les stratégies commerciales, le marketing punk… J’ai l’impression aussi que c’est facile pour des gens de prendre une période musicale du punk, son esthétique, son son et de le vider de sa substance… « oui moi je fais un groupe à la uk anarcho punk genre The Mob tu vois ? », par contre ton disque tu le vends à 15 pounds… Pareil quand je vois l’attitude de certaines distro en temps de covid-19 qui font des messages pour « rassurer les clients » et leur dire qu’elles continueront à envoyer et vendre des disques, ça me fait vomir, qu’un-e disquaire continue à vendre des disques ok mais une distro soit disant non-profit… tellement de choses à dire…
Ronan: Y'a encore heureusement tout un tas de gens de la "scène" qui se bougent pour des activités politiques....Vu d'ici, au pays basque,la scène punk est très liée à la politique , et y'a pas vraiment de gens très lookés. Pour ce qui est d'un point de vue musical, précisément en France, car c'est ce que je connais mieux, j'ai l'impression que tout est histoire de modes...Et j'avoue que souvent, j'ai bien du mal à capter l'intérêt des gens pour tel ou tel groupe.
Jérôme : Le punk est un consommateur lambda qui va peter un plomb parce qu’il n’y a plus de gel vivelle dop fixation béton à l’Intermarché de son patelin. Honnêtement je ne sais pas ce que veut dire le mot « punk ». En Bretagne il existe un grand festival « punk oi ! » organisé par une bande de fafs.  Pour tout te dire y’a même un paquet de groupes de programmés que j’aurais bien aimé voir en concert mais avec une orga comme ça c’est boycott direct. Tout le monde le sait que c’est des fafs de merde et beaucoup s’y rendent quand même. La musique passe clairement devant la lutte anti raciste/fasciste etc... Je n’excuse pas plus les groupes qui y jouent…business is business. Tu connais le punk crédule qui a un jour dit « keep business out of punk » ? Enfin bref je ne me sens pas punk (tellement ça brasse des pratiques qui m’exaspèrent) mais il m’arrive quand même de porter une jolie panoplie avec des patchs et des badges…j’ai plus que ça et mes quelques cheveux longs pour faire peur aux vieux qui habitent en face de chez moi.
Guéna : Force est de constater que le punk a perdu dans sa capacité résister au système capitaliste, commercial et aux phénomènes de mode. Le punk existe depuis 40 ans, son histoire est faite et je ne crois pas qu’on y changera grand-chose aujourd’hui. Cependant, je me dis que ça dépend toujours des personnes. Certaines personnes sont dans ce milieu pour les idées, d’autres pour la musique, je pense que nous c’est pour les 2, sans perde de vue ce qui nous anime profondément à travers l’implication qu’on les idées libertaires dans notre quotidien et dans notre approche du collectif. Par exemple, en Bzh, il y a quand même pas mal de lieux et de collectifs qui font vivre ce mouvement, constituant des réseaux avec cette idée de tendre vers « l’autonomie »  vis-à-vis des structures officielles, et des modèles capitalistes. D’ailleurs, j’aime à dire que le punk, en plus d’être la bande son de la révolution, est l’un des aspects culturels de l’autonomie. Je pense ici plus particulièrement au « mouvement anarcho punk » dans ses diverses expressions.



Habituellement, vous jouez quand même souvent : avec cette pandémie et le confinement, ça vous manque pas ?
Ronan : On ne joue pas très souvent, chose due à la distance géographique. On aurait dû faire quelques dates début juin mais c'est évidemment annulé. On n'a pas joué depuis aout 2019, la dernière tournée. A côté de ça, les autres ont tous d'autres groupes à côté, donc ils jouent plus régulièrement. Je n'ai plus d'autres groupes que Bakounine donc oui, ça manque, et surtout de partager du temps avec les trois autres! Mais ce n'est que partie remise.
Manu : Ben en vrai on joue pas souvent avec Bakounine haha Pareil pour moi avec Litovsk, notre dernière date c’était en décembre… On a un groupe avec jérôme et deux autres copains et ça fait chier de pas pouvoir profiter de ce temps pour répéter... Après oui moi ça me manque de voir les copains et jouer avec eux… Mais pour cette année j’avais plus de projets en organisation de concerts et ça me manque de voir des groupes jouer et d’être avec mes ami-es à brest et ailleurs parce que c’est ma famille enfin moi je le vois comme ça notre réseau de gens qui vont et font les concerts en bretagne…Et ailleurs ! Après y’a des trucs plus grave que de ne pas jouer ou aller à un concert c’est pas bien important au final et je m’en pleins pas…
Jérôme : Les autres membres du groupes me manquent beaucoup mais la musique pas plus que ça.
Guéna : J’ai juste hâte qu’on se retrouve et partir ensemble vivre un moment fort agréable. On reste tous en contact pendant ce confinement, qui je l’espère ne deviendra pas une norme car ce qu’il se profile n’est très réjouissant, avec le démesure du contrôle social, puis la limitation de la mobilité, le retour des contrôle aux frontières, l’interdiction des regroupements, la peur et la méfiance à l’égard des autres instituée par nos gouvernements. En tout cas, on  en va pas manquer d’inspiration pour raconter des choses.

Oui en fait quand je disais ça, je pensais au fait que vous avez plusieurs groupes… D'ailleurs, qui joue dans quoi en fait ?
Manu : Alors je chante dans Bakounine, Litovsk et un groupe sans nom avec Pascal mon cul, Jérôme et André, un autre pote. On fait une espèce de punk, grunge pop et on espère répéter bientôt pour jouer un de ces quatre ! J’ai d’autres projets qui verront peut être le jour plus tard ! Jérôme joue aussi dans KIAL ? (d-beat super véner), Usa La Tua Rabbia (grind punk aussi vénèr!), et jouait dans Ostavka (post punk) avec Ronan, Guéna et Nina. Ronan a un projet de groupe de punk hardcore au pays basque avec un pote de Sub Rats et Buter, un autre super pote de là bas. Guéna joue dans Cave Ne Cadas, du crust un peu stoner de Rennes.

D'ailleurs, j'y pense, mais si on se prend une récession économique poids-lourd dans la gueule, ça risque de mettre aussi une bonne tarte au modèle du groupe punk qui écume les squatts et bars de toute la planète... la fin de ce « tourisme punk », ce serait forcément négatif ?
Manu : Dur de répondre à cette question… Je pense qu’on contribue d’une manière ou d’une autre avec Bakounine ou Litovsk par exemple à ce tourisme punk dont tu parles après j’ai quand même l’impression qu’on essaye à minimum de partager et de rencontrer les gens chez qui on joue… Jouer en soutien à des prisonnier-ères dans un squats c’est quand même pas la même chose que de jouer dans un bar ou le tenancier en a rien à foutre du punk et l’orga ne partage rien avec toi nan ?
Mais oui des fois on peut se demander l’intérêt de tout ça, faire des tas de bornes pour jouer 30 minutes et repartir le lendemain est ce que ça créer une réelle rencontre ? Est ce qu’on a vraiment partagé un truc avec les gens qui nous ont accueillis ? Est ce que c’est pas un moyen pas chère de faire du « tourisme » que de tourner avec un groupe ? Je sais pas, j’ai pas vraiment de réponses… Toujours est il que moi je me sens plutôt bien avec ces contradictions. j’adore causer après les concerts aux gens, sans tourner y’a pleins de gens qui sont resté-es des ami-es après que je ne connaîtrai pas… Et puis j’ai vécu et j’ai encore envie de revivre ces moments là… Après oui le modèle de tournée où le groupe n’en a rien à carrer de l’organisateur/ organisatrice de concert, tout ce qu’il l’intéresse c’est de vendre du « merch’ » (je déteste ce terme d’ailleurs!), de se prendre en photo devant la porte de brandebourg ou la tour eiffel… oui si ça peut disparaître pourquoi pas haha
Ronan : J'ai du mal à croire que le virus viendra à bout de la scène punk...Mais bon, qui sait?
Jérôme : On a beaucoup de chance de faire des tournées partout en Europe. C’est génial de découvrir des villes, des  lieux et surtout de rencontrer des gens. Souvent j’ai l’impression que tout doit être politique, que tout doit être sérieux mais en vrai les tournées c’est les vacances et la rigolade. On a aussi le droit de se marrer et d’être débile. La vie est assez dure comme ça non ? Si je pars en tournée pour rester austères et à ne parler que de sujets graves alors je reste chez moi. Tous les groupes qui se la racontent avec une éthique irréprochables partent en tournée pour prendre du bon temps mais ça il ne  faut pas le dire pour la street credibility tout ça…
Guéna : c’est difficile de prédire ce qui pourrait advenir dans les temps post-confinement. La récession économique semble évidente, avec tout ce qui va l’accompagner comme  toute la panoplie,   lois scélérates au niveau du travail, de environnement, de la liberté des individus, de la santé, de l’éducation,  etc...Ce qui se profile ne semble pas très excitant mais on n’a pas la main dessus, ce n’est pas de notre ressort car ça nous dépasse largement à l’échelle individuelle.. On subit comme tout le monde. Cela dit, j’espère aussi qu’une colère générale  finira par s’exprimer et les temps prochains seront probablement agités. Puis j’espère également qu’on innovera pour redonner de la vigueur à cette scène qui vieillit en même temps que son époque, mais qui a du mal à se renouveler. 



C'est quoi le premier truc que vous ferez lors du déconfinement ?
Manu : Aller boire une bière à la place guérin avec mes ami-es à brest, répéter à TKDK dans le 22, voir mes ami-es que j’ai pas vu depuis longtemps…En vrai moi le confinement à la campagne, dans mon village c’est un confinement de privilégié-es ! Je peux aller marcher dans les collines, les sentiers, les bois, je croise pas les keufs… je vis dans une maison collective on est une douzaine là… Et puis on voit les autres potes du village… On fait des sound systems dans le jardin pour les voisin-es, de la radio,on a fait une petite manif à 30 le 1er mai, bon je vous raconte pas la situation surréaliste avec les bleus dans les sentiers à jouer à cache cache haha… Bref j’ai en pas chié et je suis conscient qu’on était à la cool ici...
Ronan: Etant côté espagnol, les regles de confinements étaient très strictes ici...Les seuls déplacements autorisés étaient pour le ravitaillement, travail, ou raisons médicales. La supérette est à 10m de chez moi. Depuis ce matin (2 mai) on est autorisés à sortir pour faire du sport ou marcher. Le premier truc que j'ai fait est évidemment de sortir marcher, et le soleil était de la partie. Chose que je vais répéter plusieurs fois dans la journée!  Sinon, le déconfinement commence vraiment le 10....Aucune idée pour l'instant.
Jérôme : J’avais pensé à une queuleuleu mais je crois que c’est devenu une pratique deviante. Je vais sortir prendre l’air ailleurs…
Guéna : l’idée première est d’aller voir des ami-es ou de les accueillir chez moi, surtout les ami-e-s qui vivent en ville, dans des petits apparts,  et qui vont avoir besoin de prendre l’air sérieusement. J’ai la chance d’habiter à la campagne, dans une maison que je rénove, avec un jardin. J’ai énormément de taf donc j’ai été bien occupé pendant ce confinement, je n’ai pas vu le temps passer et bizarrement aussi dramatique que peut-être la situation, je fais partie de ces gens qui ont bien profité de ce temps d’arrêt. De plus, durant le confinement, j’ai pu passer un we chez des potes-ses qui habitent pas loin et j’ai accueillit dernièrement un pote chez moi.
Par ailleurs, Je vais aussi devoir reprendre le taf à partir du 18 mai, jusqu’à la fin de mon contrat fin juin. Je m’occupe de catalogage rétrospectif de vinyles dans une bibliothèque universitaire.  Et ouais, il y a des tafs cool.
Puis surtout, je dois me choper un véhicule car le mien est dead. J’espère choper un utilitaire qui pourrait servir pour les tournées avec mes groupes, car en plus de Bakounine, je joue de la guitare dans Cave Ne cadas.

qu'est ce que vous avez lu, écouté, vu, bu et bouffé, pendant ce confinement ?
Manu : Alors j’ai écouté un milliard de trucs et avec la radio j’ai pas chômé pour dénicher de la musique à écouter et partager. J’ai beaucoup écouté de la folk anglaise, irlandaise et écossaise, Jeannie Robertson, Dick Gaughan, Margaret Barry, Planxty… Du dbeat un peu quand même, Dissikerad  beaucoup !  Cro mags « Age of quarrel » que je découvre… Les Pogues encore et toujours… des lives de Joe Strummer au « Rock against the rich tour », le live « Live Jam » des Jam de sorti en 1993… De la oi !: Red Alert, Angelic Upstarts, Last Rough Cause… Beaucoup de punk basque aussi RIP en tête… Bref des classiques mais aussi des découvertes !
J’ai lu Thierry Pelletier avec « Cas rudes » : super bien, un livre qui m’a bien remué dans le contexte qu’on vit, ça cause d’un centre pour usagers et usagères de drogue à Mantes la jolie… « Rêves de gloire » de Rolland Wagner, une uchronie sur le rock underground dans une algerie restée française, c’est ouf ce livre… Une biographie de James Connolly, révolutionnaire communiste Irlandais et pour finir Nick Cohn « Carton jaune », un livre sur la passion de l’auteur pour le foot et les gunners d’Arsenal. Bien cool, ça m’a changé des livres que j’ai pu lire sur le foot et des autobiographie de leaders hooligans comme Cass Pennant ou Terry O’neill, j’ai bien aimé lire ça hein, mais bon des récits de types qui se tabassent et qui se contredisent par bouquins interposés c’est pas hyper intéressant à force… En films j’ai re-maté « Wassup rockers » pour le plaisir ! « My sweet pepper land » : bien cool, sur une histoire d’amour au kurdistan irakien. « Shellshock rock » : un doc sur les punks à belfast en 1979 ; « Le président est mort » un doc fait par des skaters de mon âge à Brest sur le fait de traîner et skater à Brest, vraiment bien aussi… D’ailleurs allez sur libertaire.net c’est une mine d’or pour les films et documentaires ! Et puis la radio des confins ! http://radio-des-confins.online/
Ronan : Dernièrement j'ai lu "Huye, hombre, huye" de José Tarrio Gonzalez, super bouquin écrit par ce mec qui aura passé presque toute sa vie dans les F.I.E.S (équivalent des Q.H.S en espagne). Je le recommande, y'a une éditon en français. Des séries comme Walking Dead, énormément de bouffe mexicaine, écouté des tonnes de disques (entre autre Heimat los, Ripcord, Heresy, SSD, Siege, mob 47....Bref du hardcore). Sinon du sport pour passer le temps (la chance d'avoir un vélo d'appartement dans l'appart!), et j'en suis à 7 semaines sans une seule goutte d'alcool..... Le confinement nous aura fait changer hahaha!!
Jérôme : J’ai lu « Le bourgeois gentilhomme sur les prétention hégémonique de la classe moyenne » d’Alain Accardo et « Allemagne 1918 : une révolution trahie » de Sebastian Haffner. J’écoute essentiellement du grindcore et du D-Beat. J’ai bu pas mal de carlsberg et bouffé beaucoup de lentilles…J’essaye de suivre la serie Walking Dead mais j’ai un peu de mal…
Guéna : J’ai écouté plein de zik que ce soit du punk, crust, HxC,  hip hop, du stoner et de la musique touareg, et d’autres trucs…et quelques soirées tout seul dans mon jardin devant un brasero, des bières, du cidre, du pastis ou du vin et la zik  à fond les ballons….en revisitant plein de classiques des années 80 et 90’s, c’était bien cool. Et pendant tout ce temps, j’ai mangé pleins de bons petits plats car j’aime bien cuisiner et m’offrir des plaisirs gustatifs.
Côté lecture, il y a entre autres :
- « Disorder : histoire sociale des mouvements punk et post-punk », de Paul Adwards, Elodie Grossi et Paul Schor, edité par Seteun, dans la collection « Musique et société ». Les auteur-es présentent des  « éclairages originaux qui permettent de comprendre ces gestes artistiques inscrits dans des contextes sociaux et politiques ». Je l’ai trouvé très intéressant et relativement riche, en étudiant des zones géographique bien connus comme l’Europe et les États-Unis mais aussi d’autres moins connus comme le Chine, l’ex-Yougoslavie, etc.… !
-  « Punks à singes : correspondance avec François Bégaudeau», que j’avais juste survolé jusqu’à ce confinement, et je l’ai trouvé excellent avec un niveau de réflexion, de description hautement développé, bourré de références. Notre ami de « Les âmes d’atala » nous livre ici un échange avec l’ex chanteur de Zabriskie Point sur fond de punk rock, littérature et luttes des classes. Le moins que l’on puisse dire, c’est d’une grande qualité.
- « Douze ans d’esclavage » de Salomon Northup, chez Entremonde. Ça raconte l’histoire de l’auteur, menuisier et violoniste noir du nord américain, né libre et qui fut kidnappé un soir de 1841, pour être mis en esclavage. C’est un livre poignant qui décrit sa condition d’esclaves et celles de ces frères et sœurs de misère. Une fois libéré, il s’est attelé à décrire l’enfer qu’il a vécu. Ce récit est choquant de par sa cruauté, et a aussi inspiré la trame du film de Steve Mac Quinn « 12 years a slave » (2014).
- « Coits » d’André Dworkin, sortit chez Syllepse dans la collection « Nouvelles questions féministes ». Dans ce livre est exploré « le monde sexué de la domination et de la soumission. Elle parle de « baise » dans un monde dominé par les hommes et de l’anéantissement des femmes dans la sexualité masculine ». C’est un livre intéressant et troublant. Souvent controversée dans les milieux féministes, Andréa Dworkin se positionne contre la prostitution et la pornographie, ce qui diffère d’autres approches féministes et  constitue des frictions qui traverse ce milieu. Personnellement, je n’ai pas d’avis tranché sur la question car certains arguments me parlent des deux côtés.
- Puis j’ai aussi lu  le dernier REST, gentiment envoyé par notre cher Blam Blam. On y retrouve des interviews intéressantes, notamment celle de Kial ?, autre groupe de D-beat de Jérôme, puis de Marcor d’aredje, de Romain « détruire l’ennui », des potes de mauriac, de Vince Emergence, etc.... Puis des kroniks, dont celles de blam blam.
Enfin, J’ai maté des films, séries, pleins de documentaires, et autres vidéos d’analyse critique sur la situation.  J’ai tchéqué régulièrement le site rennais Expansive.info pour l’actualité militante et analyses politiques. J’’ai aussi beaucoup bricolé à l’extérieur et à l’intérieur de chez moi, et c’est une bonne manière de se mettre à jour, le tout saupoudré de sport et de méditations, histoire de garder la forme physique et morale. ET enfin, j’ai bien avancé dans mon  potager, histoire d’avoir plein de bons légumes pour cet été.




The Undertones live 1980

8 mai 2020

Liste de confinement n°3

VINCENT MUTANT

 


Vincent (ou Panpan, pour les intimes) préside aux destinées du label et liste de distro Mutant Records. Il est aussi batteur de Faux Départ qui a récemment sorti son 2eme skeud. Enfin, il participe à la réalisation du joli zine Psycho Disco. Trois bonnes raisons pour l'excuser d'être lyonnais, non ?

Les 5 skeuds qui ont le plus tourné chez toi ?
J'ai surtout écouté mes vieux disques et donc une seule fois chacun. Mais les derniers sur la platine :
  • CONSTANT MONGREL - living in excellence (la vida es un mus 2018, Australie)
  • PAINTBOX - trip, trance and travelling (prank 2009, japon)
  • LOVE TRIANGLE - Clever Clever (static shock 2013, UK)
  • KOBRANOCKA - s/t (wifon 1988, Polakie)
  • ANGRY SAMOANS -Back from Samoa (1982, USA)

Les 5 « œuvres artistiques » qui t'ont agréablement changé les idées (livres, BD, films, etc.) ?
  • FROM HELL, A. Moore. (bd)
  • AVANT LA PRISON K. Hanawa (bd)
  • L'HOMME SANS TALENT Y. Tsuge (bd)
  • FLEABAG s1 et s2 - P. Walter Bridge (série)
  • BERNIE Linklater 2011 (film)
La recette que t'avais jamais tenté et que du coup t'as eu le temps et que c'est super bon ?
J'ai pas mal cuisiné mais ce qui me vient, c'est les raviolis nus. C'est con comme la pluie mais c'est plutôt fun.

L'alcool numéro uno pour résister à la morosité ambiante ?
La bière (ndt : glutte) car on change pas une équipe qui gagne. j'ai retrouvé une Chimay bleue de Mathusalem qui était bien cool.
Je tiens quand même à ajouter que les Dernier Futur m'avait offert une bouteille de Chouchen qui a fait une belle intervention en milieu de confinement, et qu'au contraire, la Suze , malgré son prix attractif, n'a rien fait d'autre que gaspiller nos glaçons.

La meilleure insulte pour définir le gouvernement ?
Radin.